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	<description>à la porte du Kurdistan</description>
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		<title>Gerilla &#8211; Arges û Delila</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 10:43:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<title>Où en est l’enquête sur les émeutes turques d’octobre 2007 à Saint-Josse-ten-Noode?</title>
		<link>http://bersiv.com/3965-ou-en-est-l%e2%80%99enquete-sur-les-emeutes-turques-d%e2%80%99octobre-2007-a-saint-josse-ten-noode</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 14:20:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le communiqué du Comité des Arméniens de Belgique: 
Opération coup de poing anti-kurde: mais où en est l’enquête sur les émeutes turques d’octobre 2007 à Saint-Josse-ten-Noode ?
Le Comité des Arméniens de Belgique est consterné par le déploiement de forces policières visant les Kurdes de Belgique, qui a été justifié par la nécessité de démanteler un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.info-turk.be/379.htm#2007" target="_blank">Le communiqué du Comité des Arméniens de Belgique:</a> </strong></p>
<p>Opération coup de poing anti-kurde: mais où en est l’enquête sur les émeutes turques d’octobre 2007 à Saint-Josse-ten-Noode ?</p>
<p>Le Comité des Arméniens de Belgique est consterné par le déploiement de forces policières visant les Kurdes de Belgique, qui a été justifié par la nécessité de démanteler un réseau de recrutement du Parti des Travailleurs du Kurdistan. Notre Justice a mobilisé 300 policiers cagoulés et en tenue de combat pour procéder à 28 perquisitions simultanées aux 4 coins du pays. Résultat : huit personnes inculpées sur le soupçon d’appartenir au Parti, mais surtout une télévision de langue kurde réduite au silence.</p>
<p>Comment notre Justice justifiera-t-elle d&#8217;avoir étalé de tels moyens non pour la sécurité de notre pays mais pour celle de la Turquie, un pays qui se moque des droits de l’Homme, ne renonce pas au génocide et tente d’entrer en Europe par effraction ? Sous quel joug est tombé notre pays de liberté pour qu’il en vienne à prêter la main à un tel oppresseur ?</p>
<p>Comment notre Justice justifie-t-elle cette opération alors que les milieux ultra-nationalistes turcs en Belgique se renforcent dangereusement? Que leurs manifestations sont tolérées et qu’elles ont mené à des destructions et mises à sac de Bruxelles?</p>
<p>Le Comité des Arméniens de Belgique rappelle plus particulièrement qu&#8217;aucune sanction contre les fanatiques turcs qui ont semé la terreur une semaine durant fin octobre 2007 à Saint-Josse-ten-Noode n&#8217;a a été prise et, qu&#8217;il proteste contre le classement sans suite de la plainte de Peter Petrossian, dont le commerce a été saccagé et la vie menacée pour le motif qu’il est d’origine arménienne. La police avait assisté passive à ces violences racistes. Nous exigeons que les coupables soient punis.</p>
<p>La Belgique a récemment regretté avoir été docile durant la seconde guerre mondiale. Ne commettons pas à nouveaux les mêmes fautes et restons fidèles à nos valeurs de justice et de liberté.</p>
<p>Le 7 mars 2010</p>
<p>Correspondance : chaussée de Bruxelles, 281-283, 1190 Bruxelles &#8211; T.02/34019 00 &#8211; F.02/372 05 82 mahmourian@armencom.be</p>
<p>www.armencom.be</p>
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		<series:name><![CDATA[Dans la diaspora...]]></series:name>
	</item>
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		<title>Halte à la soumission belge au terrorisme de l&#8217;Etat turc</title>
		<link>http://bersiv.com/3960-halte-a-la-soumission-belge-au-terrorisme-de-letat-turc</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 14:01:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué commun de quatre organisations issues de l&#8217;émigration politique en provenance de Turquie: 
Depuis le lancement d&#8217;une grande opération policière contre les institutions kurdes en Belgique, les communautés kurde, arménienne et assyrienne subissent l&#8217;angoisse en constatant que le terrorisme de l&#8217;Etat turc qu&#8217;elles ont fui les menace une fois de plus par la collaboration active [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Communiqué commun de quatre organisations issues de l&#8217;émigration politique en provenance de Turquie: </strong></p>
<p>Depuis le lancement d&#8217;une grande opération policière contre les institutions kurdes en Belgique, les communautés kurde, arménienne et assyrienne subissent l&#8217;angoisse en constatant que le terrorisme de l&#8217;Etat turc qu&#8217;elles ont fui les menace une fois de plus par la collaboration active de la police de leur nouveau pays.</p>
<p>Vu l&#8217;ingérence croissante de l&#8217;Etat turc dans la vie politique, sociale et culturelle de la Belgique et le silence et la passivité incroyable des milieux démocratiques contre cette situation menaçante, nous tenons, en tant qu&#8217;organisations issues de l&#8217;émigration politique en provenance de Turquie, à attirer l&#8217;attention de l&#8217;opinion belge sur les faits suivants:</p>
<p>L&#8217;opération policière du 4 mars 2010 contre les institutions kurdes en Belgique représente un nouvel épisode de l&#8217;exportation du terrorisme de l&#8217;Etat turc contre le peuple kurde, un terrorisme qui est poursuivi depuis un siècle et soutenu depuis un certain temps par les Etats-Unis pour sauvegarder leurs intérêts stratégiques et économiques dans le Moyen-Orient.</p>
<p>Comme révélé par le sénateur belge Geert Lambert, le coordinateur adjoint du service antiterrorisme du ministère américain des Affaires étrangères, Frank Urbancic, avait tenu en février 2008 une série de pourparlers avec les autorités belges et turques pour assurer une coopération dans la lutte contre le PKK. Il a déclaré dans le journal turc Hürriyet du 13 février 2008: &#8220;Nous avons une approche commune pour veiller à ce que les affaires instruites par les Turcs puissent être utilisées devant les tribunaux européens.&#8221; Il a qualifié la nouvelle approche de &#8220;tactique Al Capone&#8221;, du nom de ce gangster américain tristement célèbre qui fut finalement condamné à la prison pour fraude fiscale.</p>
<p>Les médias rapportent que quelques jours avant cette opération, une série d&#8217;échanges d&#8217;informations entre la Turquie, les USA et la Belgique ont eu lieu.</p>
<p>Cette opération vise, comme exigé par l&#8217;Etat turc, à étouffer Roj TV, la première voix libre du peuple kurde opprimé dans quatre pays dont la Turquie. Il ne s&#8217;agit pas uniquement d&#8217;une attaque directe contre les droits fondamentaux du peuple kurde, mais également une violation flagrante de la liberté de l&#8217;expression.</p>
<p>Les razzias contre le Congrès national du Kurdistan (KNK) et d&#8217;autres organismes kurdes ainsi que l&#8217;arrestation de deux anciens députés kurdes, réfugiés en Europe depuis plus de dix ans constituent une autre violation flagrante des droits fondamentaux du peuple kurde.</p>
<p>Comment les autorités belges comment expliquent-elles cet acharnement contre des hommes politiques, journalistes et dirigeants associatifs kurdes catalogués comme &#8220;terroristes&#8221; par l&#8217;Etat turc alors que les instigateurs et auteurs turcs d&#8217;une série d&#8217;actes terroristes contre les institutions kurdes, arméniennes et assyriennes sur le territoire belge jouissent d&#8217;immunité et restent toujours impunis?</p>
<p>Comme il est expliqué de façon très claire dans une déclaration commune par le Group de travail interparlementaire, l&#8217;Institut Kurde de Bruxelles et Vrede vzw:</p>
<p>&#8221; <em>En Belgique, la police a perquisitionné les studios de la TV kurde à savoir l&#8217;émetteur Roj-TV qui semble être particulièrement mal accepté par le régime turc. En 1996 déjà, cela avait été le cas pour Med-TV dans le cadre de l&#8217;opération Spoutnik. Ils avaient aussi à l&#8217;époque visité les studios de Denderleeuw, après avoir enfoncé les portes et ils avaient confisqué l&#8217;appareillage électronique. Dix ans après, on ne parle plus de l&#8217;opération Spoutnik, en effet on n&#8217;a jamais pu démontrer que les 17 suspects emmenés à l&#8217;époque aient appartenu à une quelconque organisation criminelle. On vient de recommencer la même opération et les ordinateurs de Roj-TV ont été également mis sous scellés et embarqués. Pourquoi cette répétition d&#8217;une opération qui n&#8217;avait jamais donné de suite. Va-t-on à nouveau parler des sérieuses présomptions des autorités judiciaires pour expliquer une opération qui n&#8217;a sans doute qu&#8217;un seul but : faire taire la TV kurde qui demande tout simplement le droit d&#8217;exister.</em></p>
<p><em>Plusieurs éléments de cette soudaine agression contre les Kurdes peuvent nous faire penser que les autorités judiciaires l&#8217;ont organisée à la demande pressante d&#8217;Ankara. Dès la fin de l&#8217;opération, le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu adressait ses félicitations à notre pays pour son sens des responsabilités. Il est vrai que fin décembre, notre Premier ministe, M. Leterme avait promis au pouvoir d&#8217;Ankara d&#8217;augmenter la coopération entre la police belge et la police turque et cela afin de faire taire toute opposition kurde en Belgique. Ce 18 janvier, le nouvel ambassadeur de Turquie, Murat Ersavci, a été reçu par M. Leterme et le ministre de la Justice M. De Clerck pour lancer une opération de répression contre Roj-TV et d&#8217;autres organisations kurdes. Cela prouve que tout avait été organisé entre Bruxelles et Ankara afin de limiter une fois de plus les droits culturels des Kurdes.&#8221;</em></p>
<p>Comme il est indiqué dans ce communiqué, cette action en Belgique est la simple continuation de l&#8217;oppression culturelle subie par les Kurdes en Turquie. A de nombreuses reprises, les communautés kurde, arménienne et assyrienne ont subi en Belgique des agressions téléguidées par Ankara:</p>
<p>Au début 1994, cent cinquante Kurdes participant à une marche pacifique ont été agressés par plusieurs centaines de Loups Gris quand ils sont arrivés à Saint-Josse.</p>
<p>Cinq ans plus tard, le 17 novembre 1998, l&#8217;Institut Kurde de Bruxelles, le Centre Culturel Kurde et un local assyrien ont été attaqués et incendiés par les Loups Gris devant la police.</p>
<p>Le 10 décembre 2005, un engin incendiaire a été lancé dans les locaux du bureau du parti pro-kurde DEHAP, détruisant la porte d’entrée.</p>
<p>Le 2 décembre 2006, des centaines de Loups Gris s&#8217;étaient rassemblés place Saint-Josse pour attaquer les locaux kurdes après la distribution d&#8217;un appel contre la présence d&#8217;une association kurde située à Saint-Josse-ten-Noode, mais grâce aux mesures préventives prises par la police, cette tentative a échoué.</p>
<p>Dans la nuit du dimanche 1er avril 2007, les locaux de la même association ont été ravagés par un incendie criminel. A l&#8217;étage, les habitants ont été exposés au risque de brûler vifs.</p>
<p>Le 21 octobre 2007, après une manifestation non-autorisée devant l&#8217;ambassade des Etats-Unis à Bruxelles, les Loups Gris, en hurlant des slogans nationalistes et en portant le drapeau turc et celui des Loups Gris (trois croissants), ont attaqué un disquaire kurde et saccagé un café détenu par un citoyen d&#8217;origine arménienne à Saint-Josse-ten-Noode. La police avait assisté passivement à ces violences racistes.</p>
<p>Nous nous joignons à l&#8217;interpellation que le Comité des Arméniens de Belgique (CAB) a faite après la dernière opération policière contre les institutions kurdes:</p>
<p>- Aucune sanction contre les fanatiques turcs qui ont semé la terreur une semaine durant fin octobre 2007 à Saint-Josse-ten-Noode n&#8217;a été prise et, qu&#8217;il proteste contre le classement sans suite de la plainte de Peter Petrossian, dont le commerce a été saccagé et la vie menacée pour le motif qu’il est d’origine arménienne.</p>
<p>- Comment notre Justice justifiera-t-elle d&#8217;avoir étalé de tels moyens non pour la sécurité de notre pays mais pour celle de la Turquie, un pays qui se moque des droits de l’Homme, ne renonce pas au génocide et tente d’entrer en Europe par effraction ? Sous quel joug est tombé notre pays de liberté pour qu’il en vienne à prêter la main à un tel oppresseur ?</p>
<p>- Comment notre Justice justifie-t-elle cette opération alors que les milieux ultra-nationalistes turcs en Belgique se renforcent dangereusement? Que leurs manifestations sont tolérées et qu’elles ont mené à des destructions et mises à sac de Bruxelles?</p>
<p>Nous tenons à attirer l&#8217;attention une fois de plus sur le fait que ces agressions en question ont été provoquées par des organisations nationalistes et par certains médias turcs au service de l&#8217;Ambassade de Turquie à Bruxelles.</p>
<p>En plus, toutes les opérations répressives contre la communauté kurde en Belgique sont, comme indiqué ci-haut, préparées dans une collaboration étroite entre les autorités policières turque et belges. Qui plus est, ces opérations sont exécutées avec la participation active des policiers d&#8217;origine turque.</p>
<p>Un des plus influents quotidiens turcs, Milliyet, donne le 6 mars 2010 l&#8217;information suivante qui n&#8217;a pas été démentie par les autorités turques et belges:</p>
<p>&#8220;<em>Selon l&#8217;information reçue, les services de renseignement turcs ont été très actifs dans les récentes opérations contre le PKK en Italie, en France et dernièrement en Belgique. Juste à la veille et lors de l&#8217;opération en Belgique, le département de renseignements de la direction générale de la Sûrete turque a été dans une communications fréquente avec la police belge. Les renseignement fournis par la Turquie ont constitué la base de l&#8217;opération en Belgique</em>&#8221; (Milliyet, Tolga Sardan et Gökçer Tahincioglu, 6 mars 2010)</p>
<p>La relation de la police turque avec la Belgique n&#8217;est pas limitée à la police belge. Depuis certain temps, la police turque a des relations privilégiées dans le monde politique belge. Par exemple, le chef de police d&#8217;Istanbul Celalettin Cerrah, accompagné de son chef de renseignements Ahmet Ilhan Güler, avait rendu une visite au Secrétaire d&#8217;Etat bruxellois Emir Kir à Bruxelles le 19 janvier 2007. Quelques mois plus tard, le 8 avril 2007, le même secrétaire d&#8217;Etat Emir Kir a assisté aux célébrations du 162e anniversaire de la fondation de la police d&#8217;Istanbul en tant qu&#8217;invité d&#8217;honneur.</p>
<p>Comme nous avons signalé dans nos communiqué précédents, les communautés kurde, arménienne et assyrienne vivent actuellement dans un trou noir créé en Belgique par le régime répressif d&#8217;Ankara en raison du laxisme de certains hommes politiques belges; un trou noir qui peut générer, à n&#8217;importe quel moment, une nuit de cristal, et même une purification ethnique dans la Commune de Saint-Josse.</p>
<p>La colère et les déclarations provocatrices des dirigeants d&#8217;Ankara et leurs représentants à l&#8217;étranger contre la réconnaissance du génocide des Arméniens, des Assyriens/Syriens/Chaldéens et des Grecs pontiques en 1915 par le Parlement suédois deviennent de plus en plus inquiétantes.</p>
<p>Ayant déjà réagi dans le passé contre toutes les agressions précitées, nos organisations issues de l&#8217;émigration politique en provenance de Turquie:</p>
<p>* protestent contre l&#8217;opération répressive visant les institutions kurdes,<br />
* demandent la libération immédiate des personnalités kurdes menacées d&#8217;une extradition vers la Turquie,<br />
* demandent l’ouverture d’une enquête afin d’identifier et de punir les agresseurs et surtout les instigateurs de la terreur effectuée contre les institutions kurdes, arméniennes et assyriennes,<br />
* demandent une vigilance contre les éventuelles agressions visant ces institutions et tous les opposants du régime d&#8217;Ankara.</p>
<p>L&#8217;Association des Arméniens Démocrates de Belgique<br />
Les Associations des Assyriens de Belgique<br />
L&#8217;Institut Kurde de Bruxelles<br />
La Fondation Info-Türk</p>
<p>Contact:<br />
collectif1971@scarlet.be, tél: 02-215 35 76 (F)<br />
kib@skynet.be, tél: 02-230 89 30 (N)</p>
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		<series:name><![CDATA[Dans la diaspora...]]></series:name>
	</item>
		<item>
		<title>Déclaration commune sur l&#8217;opération policière anti-kurde en Belgique</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 13:52:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Une conséquence des tractations au plus haut niveau entre Bruxelles et Ankara est l&#8217;opération menée par la police ce 4 mars contre des différentes organisations kurdes sur l&#8217;ensemble de la Belgique. Il est évident que les autorités judiciares doivent faire des enquêtes quand elles les estiment nécessaires mais cela ne peut se faire au mépris [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une conséquence des tractations au plus haut niveau entre Bruxelles et Ankara est l&#8217;opération menée par la police ce 4 mars contre des différentes organisations kurdes sur l&#8217;ensemble de la Belgique. Il est évident que les autorités judiciares doivent faire des enquêtes quand elles les estiment nécessaires mais cela ne peut se faire au mépris de toute réserve en ce qui concerne des citoyens ou des organisations qui d&#8217;une façon tout-à-fait pacifique œuvrent afin que soient reconnus leurs droits politiques et culturels.</p>
<p>L&#8217;opération s&#8217;est faite dans le cadre d&#8217;une action plus large et plus accentuée de répression contre les Kurdes en Turquie. En décembre dernier, le Parti démocratique pro-kurde DTP a été interdit par la Cour constitutionnelle turque sous le prétexte fallacieux d&#8217;avoir des activités illicites contre l&#8217;unité de l&#8217;État turc. Depuis, un nouveau parti a été fondé, le Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP). Le mois passé, 131 de ses cadres dont plusieurs bourgmestres ont été arrêtés par la police turque sous prétexte qu&#8217;ils étaient des membres du PKK. Dans les jours qui ont suivi, on a assisté en Italie, en Allemagne, en France et aux Pays-Bas à des perquisitions et des arrestations policières du même type.</p>
<p>En Belgique, la police a perquisitionné les studios de la TV kurde à savoir l&#8217;émetteur Roj-TV qui semble être particulièrement mal accepté par le régime turc. En 1996 déjà, cela avait été le cas pour Med-TV dans le cadre de l&#8217;opération Spoutnik. Ils avaient aussi à l&#8217;époque visité les studios de Denderleeuw, après avoir enfoncé les portes et ils avaient confisqué l&#8217;appareillage électronique. Dix ans après, on ne parle plus de l&#8217;opération Spoutnik, en effet on n&#8217;a jamais pu démontrer que les 17 suspects emmenés à l&#8217;époque aient appartenu à une quelconque organisation criminelle. On vient de recommencer la même opération et les ordinateurs de Roj-TV ont été également mis sous scellés et embarqués. Pourquoi cette répétition d&#8217;une opération qui n&#8217;avait jamais donné de suite. Va-t-on à nouveau parler des sérieuses présomptions des autorités judiciaires pour expliquer une opération qui n&#8217;a sans doute qu&#8217;un seul but : faire taire la TV kurde qui demande tout simplement le droit d&#8217;exister.</p>
<p>Plusieurs éléments de cette soudaine agression contre les Kurdes peuvent nous faire penser que les autorités judiciaires l&#8217;ont organisée à la demande pressante d&#8217;Ankara. Dès la fin de l&#8217;opération, le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu adressait ses félicitations à notre pays pour son sens des responsabilités. Il est vrai que fin décembre, notre Premier ministe, M. Leterme avait promis au pouvoir d&#8217;Ankara d&#8217;augmenter la coopération entre la police belge et la police turque et cela afin de faire taire toute opposition kurde en Belgique. Ce 18 janvier, le nouvel ambassadeur de Turquie, Mirat Ersavci, a été reçu par M. Leterme et le ministre de la Justice M. De Clerck pour lancer une opération de répression contre Roj-TV et d&#8217;autres organisations kurdes. Cela prouve que tout avait été organisé entre Bruxelles et Ankara afin de limiter une fois de plus les droits culturels des Kurdes.</p>
<p>Nous ressentons que cette action en Belgique est la simple continuation de l&#8217;oppression culturelle subie par les Kurdes en Turquie. À de nombreuses reprises, la communauté kurde a subi en Belgique des agressions téléguidées par Ankara. Chaque fois, les Kurdes ont pu donner aux autorités judiciaires belges les moyens d&#8217;identifier les agresseurs mais rien n&#8217;a jamais été fait contre eux et ils sont restés impunis.</p>
<p>− Le 30 décembre 1984, des activités culturelles pacifiques dans des locaux du centre communal Ten Noey (Saint-Josse Ten Noode) ont subi une agression, les agresseurs n&#8217;ont pas été punis et les Kurdes ont dû déplacer leurs activités a Evere.<br />
− Le 17 novembre 1998, l&#8217;Institut kurde de Bruxelles, le bâtiment du Centre Culturel des Kurdes et les locaux de l&#8217;Association Assyrienne ont été incendiés. Malgré des preuves formelles et le fait que des images télévisuelles ont permis d&#8217;identifier les agresseurs, les extrémistes turcs arrêtés ont été libérés quelques heures après leur interrogatoire et l&#8217;affaire est restée sans suite.<br />
− Le 10 décembre 2005, aux environs de 22h30, un cocktail-molotov a été jeté dans les locaux du parti pro-kurde Dehap</p>
<p>Nous sommes persuadés que toutes ces actions contre la liberté d&#8217;opinion ont été inspirées par la Turquie. On a aussi tout fait pour donner une image démoniaque du PKK présenté comme une organisation terroriste alors qu&#8217;en fait il s&#8217;agit d&#8217;une organisation acculée par le pouvoir turc à résister afin d&#8217;obtenir la reconnaissance des droits les plus élémentaires pour la population kurde de Turquie autant sur le plan linguistique, politique que culturel.</p>
<p>Le dernier rapport sur l&#8217;adhésion de la Turquie à l&#8217;Union européenne a clairement indiqué que la Turquie devait au plus tôt trouver une solution démocratique à la question kurde, la dernière conférence sur ce sujet, le 10 février de cette année a encore appelé l&#8217;État turc à respecter le droit des minorités, ce qui est essentiel pour pouvoir entrer dans l&#8217;Union européenne. La politique menée dans notre pays vis-à-vis des Turcs nous permet de supposer que même cette demande européenne n&#8217;a pas atteint les oreilles des autorités belges.</p>
<p>Group de Travail Interparlementaire Les Kurdes<br />
Institut Kurde de Bruxelles<br />
Vrede vzw</p>
<p>Lionel Vandenberghe (Prés. IPWK, ex-sénator)<br />
Ludo De Brabander<br />
Prof. Ludo Abicht<br />
Frieda Brepoels, Lid EP, N-VA<br />
Jan Béghin (ex vice-président de Parlement Bruxelloise, sp-a)<br />
Elke Tindemans, sénator, CD&amp;V<br />
Hugo Van Rompaey (sénator d’honneur, CD&amp;V)<br />
Paul Vanden Bavière (journalist, Publ. Uitpers)<br />
Karel Van Reeth</p>
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		<title>Des identités en superposition</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 18:50:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Armanc Rohan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[UN ARTICLE SUR &#8220;CETTE ETOILE A MON BRAS&#8221;
Par Stéphane Encel, pour l&#8217;Arche
On pensera ce que l’on veut du débat sur l’identité nationale, de son opportunité et de ses conclusions, en admettant qu’il fallait, à un moment où à un autre, se réapproprier le terme devenu sensible d’ « identité », comme ce fut le cas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>UN ARTICLE SUR &#8220;CETTE ETOILE A MON BRAS&#8221;</strong></p>
<p>Par Stéphane Encel, pour l&#8217;Arche</p>
<p>On pensera ce que l’on veut du débat sur l’identité nationale, de son opportunité et de ses conclusions, en admettant qu’il fallait, à un moment où à un autre, se réapproprier le terme devenu sensible d’ « identité », comme ce fut le cas pour le concept de « nation ». Cependant aucun débat ne pourra épuiser le sujet, tant des identités individuelles et collectives multiples composent l’identité nationale. A interroger le patrimoine du judaïsme, nous trouvons en substance toute la complexité de la question du « qui suis-je ? », et « qui suis-je vivant avec les autres ? », que posait déjà de manière synthétique Hillel. Les recherches en génétique confirment d’ailleurs cette mosaïque d’origines et de cultures, qu’un sentiment fort d’appartenance à une communauté de destin cimente ; sentiment qui doit beaucoup, faut-il le rappeler, aux piqures de rappels de l’antisémitisme, de l’image apposée sur le dos d’hommes qui souvent ne savaient pas jusque là ce que signifiait le fait d’être juif. </p>
<p>Comme j’avais eu l’occasion de le souligner, peut-être que la question de l’identité nationale pourrait trouver un point d’ancrage dans le rapport du citoyen à la cité grecque et ses divinités. Dans sa maison et au sein de sa famille, il peut honorer toutes sortes de divinités, au cours de toutes sortes de cérémonies. Le culte de la cité impose cependant des divinités tutélaires, et des cérémonies ritualisées visant à renforcer la cohésion de la cité, à homogénéiser le corps civique. Cela donne une superposition dans laquelle à la fois les particularismes peuvent s’épanouir, et le groupe exister et se perpétuer. L’équilibre entre les deux est délicat mais essentiel. Les tentatives d’unification sont périlleuses, et il est toujours frappant de constater qu’en physique les mêmes termes de superposition et d’unification sont employés, pour évoquer l’existence si troublante des mondes quantiques de l’infiniment petit et de la gravité.</p>
<p>Le cinéma et la littérature ont l’extraordinaire capacité de mettre en lumière et en scène l’humanité de ces questions. De montrer qu’elles concernent avant tout des individus. L’un de ces romans vient d’être publié, qui illustre encore la profondeur des identités et la confusion des univers. Un jeune juif allemand, Henrich, réfugié à Paris depuis la venue d’Hitler au pouvoir, vit de cours de peinture qu’il dispose, alors qu’il était un artiste peintre et un critique d’art réputé. Il ressent son judaïsme de manière complexe, « interne » et externe » ; il le vit, l’étudie, l’aime, et en même temps, depuis quelques années, il le subit, puisqu’on l’accuse de porter une sorte de maladie héréditaire, inguérissable ; entre amour et haine de soi, comme ce fut le cas pour bon nombre de coreligionnaires. Mais une mission délicate, proposée par un diplomate, va venir encore brouiller les frontières : se rendre en Allemagne, et approcher les cercles intimes du Führer, pour, à ce moment, aviser de ses plans et de la meilleure manière de les contrer. Son ticket d’entrée ? Magda, la femme de Goebbels, amatrice d’art, et qui, quelques années plus tôt, avait même eu une relation – cachée – avec un jeune juif. Henrich se fera ainsi passer pour un grand connaisseur d’art chinois ; le plan fonctionne au mieux, puisque qu’il entreprend même une liaison avec Magda, et est employé comme fonctionnaire du régime ; qui devient-il alors ? Sa relation – complexe et perverse – avec Magda le trouble, son travail l’écœure, même s’il peut ainsi mettre à l’abri un certain nombre de juifs, et notamment une toute jeune enfant que le traumatisme mure dans le silence. </p>
<p>Le cheminement intérieur d’Henrich, parallèle à l’abîme dans lequel est plongée l’Histoire, qui la dépasse et le submerge ; sa quête qui peut le perdre – dans tous les sens du terme – à chaque instant, constituent des axes explorés avec à la fois subtilité et violence.</p>
<p>L’auteur n’est pas pour rien dans l’intérêt pour ce roman ; Setâre Enayatzadeh est une chercheuse en philosophie politique, qui s’est spécialisée sur l’Iran des mollahs ; plus largement, sur les identités qui composent sa culture plurimillénaire. C’est ainsi que la question kurde est très présente dans ses recherches ; Setâre maîtrise les différentes langues, us et coutumes de ces identités, cumulant une origine juive, elle-même mélangée entre Europe et Moyen-Orient. Cette mosaïque, plutôt qu’une superposition, contribue tout à la fois à un enrichissement personnel et à la difficulté de se définir. D’autant que des conflits d’intérêt peuvent rendre le positionnement délicat, notamment autour de la problématique israélienne.</p>
<p>Ce roman est une œuvre de jeunesse, alors que l’auteur était à une période charnière, entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte ; elle avait d’ailleurs beaucoup travaillé le fond historique, pour rendre ce décor parfaitement crédible. Œuvre de jeunesse laissée quelques années en friche, avant qu’un besoin, une évidence, rende sa parution irrépressible ; et ce fut au moment où précisément l’auteur travaillait intensément sur la question kurde, s’éloignant, en apparence, d’un questionnement juif. Pourtant, ces univers sont proches ; les minorités présentent toutes des caractéristiques similaires, surtout quand elles évoluent dans des contextes d’oppression, ou de contraintes plus ou moins grandes. A cela s’ajoute, pour les kurdes, une question nationale – essentiellement en Irak – et de reconnaissance de leur culture, en Turquie. </p>
<p>« Il faut s’exprimer coûte que coûte, une étoile au bras ou au cœur, l’identité collée à l’âme ou au poignet »… Voici une conclusion qui vaut pour tout individu, et qui est un fil conducteur du roman.</p>
<p>Illustration très forte de chemins de vie qui s’entrecroisent, au hasard des rencontres et des séparations, mêlant des cultures et identités aux siennes propres, les enrichissant tout en les interrogeant. Le judaïsme pourrait bien apporter des pistes passionnantes de réflexion sur les débats nationaux actuels. </p>
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		<title>L&#8217;Europe par la justice &#8211; Erdal Balci</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 15:06:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bersiv vous présente un article d&#8217;Erdal Balci, publié sur le site Presseurope, le 19 février 2010. 
Liberté de religion, égalité des droits, violation des droits de l’homme : de nombreux Turcs contournent leur justice en s’adressant à la Cour européenne des droits de l’homme. Un phénomène qui exaspère les juristes mais change peu à peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><strong>Bersiv vous présente un article d&#8217;Erdal Balci, publié sur le <a href="http://www.presseurop.eu/fr/content/article/194631-l-europe-par-la-justice" target="_blank">site Presseurope, le 19 février 2010. </a></strong></p>
<p>Liberté de religion, égalité des droits, violation des droits de l’homme : de nombreux Turcs contournent leur justice en s’adressant à la Cour européenne des droits de l’homme. Un phénomène qui exaspère les juristes mais change peu à peu la société.</p>
<p>Les Turcs ont remplacé l’ancien adage &#8220;Heureusement qu’il y a encore des juges souverains à Ankara&#8221; par un nouveau : &#8220;Heureusement qu’il y a encore des juges souverains à Strasbourg&#8221;. Lorsqu’ils veulent obtenir justice, les Turcs frappent en masse à la porte de la Cour européenne des droits de l’Homme [l’organe judiciaire du Conseil de l’Europe, différent de la Cour de justice de l’Union européenne]. C’est bien pour les victimes, mais la grogne s’accroît, et la question &#8220;N’en sommes-nous pas capables nous-mêmes ?&#8221; se pose.</p>
<p>Après la récente décision de la Cour des droits de l’homme, un citoyen turc, Ebuzet Atalan, pose tout sourire pour les journaux, une carte d’identité turque à la main. Cet adepte de la religion yezidi sera bientôt débarrassé de la lettre X qui figure à la case religion sur sa pièce d’identité. Les autorités ne reconnaissaient en effet pas la croyance d’Atalan. De même, les quinze millions d’Alévis ne pouvaient pas mentionner leur foi sur leur carte d’identité. La case mentionnait : Islam. L’un d’entre eux a intenté un procès. Les juges turcs lui ont donné tort mais les juges européens ont eu, comme c’est souvent le cas, un autre avis. Désormais c’est au gouvernement de choisir : ou bien la pièce d’identité ne mentionne pas la religion du citoyen, ou bien elle mentionne la religion choisie par le citoyen concerné.</p>
<p><strong>Résistance absolue aux intérêts de l’individu</strong></p>
<p>&#8220;La Turquie ne parvient pas à changer sa manière de penser&#8221;, explique Semsi Aslanker, un juriste d’Istanbul. &#8220;Pour la grande majorité des juges turcs, l’intérêt de l’Etat passe avant celui de l’individu. Ils ne sont pas les seuls à penser ainsi, presque tous les Turcs en font autant. Il faut instaurer une nouvelle mentalité dans ce pays, sinon ce seront les autres pays qui nous obligeront à suivre la bonne voie.&#8221;</p>
<p>Les milliers de fois où la cour de Strasbourg a rappelé à l’ordre la Turquie [qui a rejoint le Conseil de l’Europe en 1949] et les millions d’euros que le pays a dû payer en dommages et intérêts à ses propres citoyens victimes, sont de plus en plus considérées comme une humiliation. L’irritation devient tellement importante qu’un célèbre intellectuel a ironisé : &#8220;Il semble que nous n’ayons pas, en tant que peuple, la capacité de gouverner notre pays. Nous n’avons qu’à demander à la Cour de le faire.&#8221;</p>
<p><strong>Quelque 13 000 affaires en cours</strong></p>
<p>Il y a de quoi être exaspéré. Les juges de la Cour font des heures supplémentaires pour pouvoir traiter les demandes en provenance de Russie et de Turquie. Près de 13 000 affaires provenant de Turquie sont actuellement en cours de traitement. Et la pratique montre que les affaires gagnées par les pouvoirs publics turcs sont l’exception absolue.</p>
<p>Les Turcs ont beau grogner, la Cour européenne des droits de l’homme a bel et bien transformé le pays. Les condamnations pour les violations des droits de l’homme en zone kurde, les dommages et intérêts payés aux victimes, la contribution de la Cour à l’enseignement de la langue kurde, l’obligation pour les pouvoirs publics de mieux protéger les femmes ont vraiment rapproché le pays de l’Union européenne. Sans bataille de la part de la classe politique.</p>
<p>Le juriste Aslanker conclut : &#8220;Il est bien facile de demander à la Cour des droits de l’homme de faire le sale boulot, mais le ciment d’un pays devrait être l’honneur. Un pays qui se prend au sérieux devrait se retrousser les manches. Aussi épineux que soient les sujets.&#8221;</p>
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		<title>Yilmaz Erdoğan et le « populiste » Selahattin Demirtaş</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 20:46:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Au cœur d&#8217;une légère polémique: le réalisateur, comédien, producteur, poète et humoriste très célèbre en Turquie, Yilmaz Erdoğan. Cet artiste, originaire de la ville de Hakkari, qui revendique ses origines kurdes et qui est marié à la petite fille du Cheikh Saïd, fait l&#8217;objet de vifs débats en raison d&#8217;une accusation portée au Premier secrétaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://bersiv.com/files/2010/02/F1880803120_selahattin%20demirtas.jpg"></a>Au cœur d&#8217;une légère polémique: le réalisateur, comédien, producteur, poète et humoriste très célèbre en Turquie, Yilmaz Erdoğan. Cet artiste, originaire de la ville de Hakkari, qui revendique ses origines kurdes et qui est marié à la petite fille du Cheikh Saïd, fait l&#8217;objet de vifs débats en raison d&#8217;une accusation portée au Premier secrétaire générale du BDP, Selahattin Demirtaş.</p>
<p>Yilmaz Erdoğan a, en effet, accusé de « populiste » le premier secrétaire générale qui, lors du premier congrès du BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie, a remplacé le DTP interdit par la cour constitutionnelle turque), avait appelé les artistes d&#8217;origine kurde – parmi lesquels Ibrahim Tatlises, Mahsum Kirmizigul, Yilmaz Erdoğan – à produire, créer et réaliser en langue kurde afin de résister à l&#8217;assimilation imposée par les autorités politiques turques. Mais pour l&#8217;artiste, au cœur du débat, Selahattin Demirtaş serait à l&#8217;origine d&#8217;un appel « populiste » et ne saurait, en tant qu&#8217;homme politique, intervenir dans le domaine artistique. &#8220;<em>La politique n&#8217;a pas le pouvoir de dire à l&#8217;art ce qu&#8217;il doit faire. Il n&#8217;a pas non plus besoin de dire ce que l&#8217;on doit faire. Je ne doute pas de sa bonne volonté mais l&#8217;artiste ne fonctionne que sur la base de sa propre perception. De plus, il est tout à faire normal aujourd&#8217;hui de travailler en langue kurde. Ca ne devrait pas se passer comme ça&#8230; Je n&#8217;ai pas d&#8217;ordonnance précise à ce sujet. Ce qui est important, c&#8217;est la volonté, c&#8217;est de faire ce qu&#8217;il nous incombe de faire. Je ne pense pas que se soit quelque chose qui puisse se régler par des propos populistes tenus lors de Congrès&#8221;</em> a -t-il déclaré.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il? L&#8217;appel de Selahattin Demirtaş est il &#8221;populiste&#8221; »? Selahattin Demirtaş peut il faire un tel appel? Peut il, en tant qu&#8217;homme politique, intervenir auprès des artistes et leur demander de produire en langue kurde? S&#8217;agit- il d&#8217;une intervention impossible et interdite?</p>
<p>Le terme « populiste », employé par Yilmaz Erdoğan, fait réagir parce qu&#8217;il est entendu non pas dans le sens premier du terme mais dans son sens péjoratif. Le populisme est à l&#8217;origine définit  <em>comme un courant politique dirigé par un leader charismatique et caractérisé par une critique systématique des élites et une référence constante au peuple</em>. <em>Le populisme oppose les élites, présentées comme un petit groupe qui ne défend que ses propres intérêts, au peuple lié par l&#8217;intérêt collectif.</em> En revanche au sens péjoratif du terme, l&#8217;adjectif &#8221;populiste&#8221; est synonyme de &#8220;démagogie&#8221;, la &#8220;démagogie&#8221; étant  &#8220;<em>l&#8217;abus de la démocratie qui consiste à flatter les passions populaires</em>&#8220;. Il s&#8217;agit de flatter le peuple en tenant un discours simpliste. C&#8217;est, sans aucun doute possible, dans cette seconde définition que se situe la critique ou l&#8217;accusation de Yilmaz Erdoğan. En direct sur la chaine NTV, il réagit et explique en effet que la question de la survie et du renforcement de la langue kurde ne saurait être réglée par des discours populistes prononcés au cours de congrès.</p>
<p>La question se pose: en quoi l&#8217;appel formulé par Selahattin Demirtaş est il un discours &#8220;populiste&#8221;? La question de la protection de la langue kurde et de son renforcement est au coeur du programme politique du BDP. Toutes les mesures proposées par ce parti s&#8217;orientent autour de la défense de l&#8217;identité kurde, dont la langue est un élément constitutif. Il est d&#8217;ailleurs, à ce titre, dénoncé comme un parti &#8220;nationaliste&#8221; ou encore &#8220;ethnique&#8221;. Tout à fait cohérent au discours, au programme et au but politique du BDP, l&#8217;appel de Selahattin Demirtaş &#8211; loin de flatter les passions populaires et d&#8217;ailleurs comment pourrait il réussir- s&#8217;inscrit dans le cadre d&#8217;un constat malheureux pour l&#8217;identité et la langue kurde et plus largement pour la politique kurde. Cet appel est en effet un aveu d&#8217;impuissance de la part du politique. Le politique kurde &#8211; faute de moyens, d&#8217;autorisations, de capacités et de possibilités &#8211; pour atteindre son objectif qui est la survie et la défense de la langue kurde, &#8220;s&#8217;en remet&#8221; à ceux qui, en Turquie, ont les moyens, les capacités et les possibilités de lutter, concrètement, contre les politiques d&#8217;assimilations et de participer au renforcement de la langue et de l&#8217;identité kurde. Il &#8220;s&#8217;en remet&#8221; à ceux qui ont la possibilité de représenter -également- les revendications kurdes et qui disposent de moyens bien plus considérables pour assurer cette défense. En Turquie, ce sont les Ibrahim Tatlises, Mahsum Kirmizigul et Yilmaz Erdoğan, entre autres, qui disposent d&#8217;un tel pouvoir. Ces artistes qui revendiquent pour certains leurs identités kurdes disposent d&#8217;un capitale de sympathie, de moyens financiers et d&#8217;un certain poid médiatique et peuvent tout à fait participer au renforcement de la langue et culture kurde, en enrichissant le domaine du cinéma, de la chanson et même de la littérature kurde. Ils peuvent faire bien plus que le politique kurde qui ne peut lui intervenir que sur la seule sphère politique. Le politique kurde ne peut rien faire en effet sinon s&#8217;assurer de la protection juridique de la langue et de l&#8217;identité kurde et appeler tout à chacun à prendre ses responsabilités. Et c&#8217;est justement parce que Selahattin Demirtaş a conscience des limites du politique qu&#8217;il appelle et prie les artistes d&#8217;origine kurde à contribuer, de leur côté, à l&#8217;enrichissement et la sauvegarde de leur culture et à prendre leur responsabilité dans ce domaine. Parce que Selahattin Demirtaş le pense: &#8220;<em>Il n&#8217;y a pas d&#8217;autre moyen pour lutter contre l&#8217;assimilation</em>&#8220;. </p>
<p>Au delà d&#8217;une participation au renforcement de la langue kurde, Selahattin Demirtaş espère bénéficier &#8211; ce n&#8217;est pas spéculer que de le penser &#8211; d&#8217;un soutien de ceux qui sont appelés à participer à la réunion organisée par le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, dans le cadre de ce que tous ont appelé successivement l&#8217; &#8220;ouverture démocratique&#8221;/l&#8217;ouverture kurde/ le projet d&#8217;union nationale&#8230; etc. A ce titre, faut-il le souligner, s&#8217;il n&#8217;y a pas dans cette histoire une immixtion du politique kurde dans le domaine artistique, si par son appel Selahattin Demirtaş ne se substitue pas à l&#8217;artiste, il y a, en revanche, une immixtion &#8211; sans doute involontaire- des artistes dans le domaine de la représentation politique. Ibrahim Tatlises et Yilmaz Erdoğan, parmi ceux dont j&#8217;ai entendu citer le nom, sont en effet appelés à la réunion parce qu&#8217;ils sont artistes d&#8217;une part et que le gouvernement turc entend deux choses &#8211; s&#8217;appuyer sur le soutien de ces artistes pour avancer sur la question kurde ou, par pure politique politicienne, faire croire à la population, essentiellement kurde, que le gouvernement agit. Mais ils sont appelés surtout et, à juste titre, pour leur identité kurde, le gouvernement turc cherchant des interlocuteurs avec qui discuter la question kurde, ignorant et excluant le BDP dont la légitimité démocratique n&#8217;est pourtant  pas à remettre en cause eu égard au succès électoral obtenu lors des dernières élections régionales en Turquie.</p>
<p>Ecartant du débat politique et démocratique le BDP et rejetant ses propositions politiques, le gouvernement crée un vide, une absence qu&#8217;il est nécessaire de combler puisqu&#8217;il faut bien discuter de la question avec un ou des interlocuteurs. Après avoir discuter de la question avec des journalistes, le gouvernement turc, dont on ignore encore la portée du projet démocratique relatif au sujet kurde, veut discuter de la problématique kurde avec des artistes, parmi lesquels les célèbres Ajda Pekkan, Orhan Gençebay, Müslüm Gürses, Kubat et &#8211; prière de ne pas rire- la chanteuse pop turque Demet Akalin qui aime dandiner du cul et dont on ne comprend pas bien ce qu&#8217;elle vient faire ici. Mais à côté de ces artistes turques, le gouvernement a choisi ses artistes d&#8217;origine kurde. Ce sont ce que l&#8217;on appelle les &#8221;Kurdes blancs&#8221; que l&#8217;on oppose aux &#8220;Kurdes noirs&#8221;.  Les &#8220;Kurdes blancs&#8221; sont ceux qui conviennent et s&#8217;intègrent parfaitement dans la société turque, cette intégration s&#8217;étant faite soit par une assimilation complète, soit par une acceptation des règles imposées dans le but évident de &#8220;réussir&#8221;. En effet, pour &#8220;réussir&#8221; en Turquie, un Kurde ne peut faire autrement que d&#8217;effacer son identité kurde ou de la placer en second plan, de travailler à l&#8217;enrichissement de la culture turque et non kurde et doit éviter d&#8217;étaler ses opinions politiques surtout lorsqu&#8217;elles sont susceptibles de porter atteinte à la sensibilité turque. Les &#8220;Kurdes blancs&#8221; sont donc les gentils Kurdes. Ceux qui ne posent pas tellement de soucis et se sont ceux là qui réussissent effectivement en Turquie. Les autres, opposants au régime, ne peuvent parvenir à ce succès, faute de soutien médiatique et financier et doivent se contenter de moyens largement insuffisants pour leurs travaux d&#8217;enrichissement de la culture kurde. Outre des obstacles d&#8217;ordre financiers, ces Kurdes sont soumis à des achoppements de natures politiques et juridiques, risquant en effet des poursuites judiciaires et des condamnations pénales.</p>
<p>Face à ces différents obstacles qui empêchent toute lutte démocratique ou qui nuisent à l&#8217;enrichissement et le développement de la culture kurde, par ailleurs largement opprimée; face à la criminalisation de ces Kurdes qui travaillent pour la sauvegarde et la protection de leur culture; il reste pour seuls représentants kurdes ces &#8220;Kurdes blancs&#8221;, tout gentillet. Dès lors, il ne faut pas s&#8217;étonner de l&#8217;appel politique de Selahattin Demirtaş, pas plus qu&#8217;il ne faut s&#8217;étonner de la colère d&#8217;une certaine catégorie de la population kurde qui espère un minimum d&#8217;action et de revendication de la part de ces &#8220;Kurdes blancs&#8221;. Ces &#8220;Kurdes noirs&#8221;  relèguent en effet leur parole, étouffée, à ceux qui ont la possibilité de s&#8217;exprimer. Problème: que peuvent-ils espérer sinon la frustration et le mécontentement?  Que peut on attendre de ceux qui ont accepté de jouer le jeu pour assurer leur réussite? Ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; savent exactement ce que leur coûteront une position contraire: une exclusion et une criminalisation au même titre que ces fameux &#8220;Kurdes noirs&#8221;. De cette frustration, les &#8220;Kurdes blancs&#8221; ne sont pas responsables. Après tout, ils font ce qu&#8217;ils veulent. Ce ne sont pas des politiciens nés et ils peuvent tout à fait refuser d&#8217;exercer un rôle représentatif, surtout que celui ci leur est imposé. En revanche, de cette frustration et colère, ils en sont les responsables lorsqu&#8217;ils acceptent de jouer dans l&#8217;arène politique, lorsqu&#8217;ils acceptent d&#8217;endosser le rôle représentatif qu&#8217;il leur a été confié par le gouvernement turc. Yilmaz Erdoğan, en acceptant l&#8217;invitation du gouvernement turc à discuter de la question kurde, transporte avec lui, et en raison de son identité kurde, l&#8217;ensemble de ces voix kurdes éttoufées. Dès lors, parce qu&#8217;il a accepté de prendre la place et le rôle que devrait exercer le politique kurde, Yilmaz Erdoğan ne doit pas s&#8217;étonner de l&#8217;intervention d&#8217;un &#8220;Kurde noir&#8221;, en l&#8217;occurence Selahattin Demirtaş. Le politique kurde, ici, a tout à fait le droit et la légitimité pour interroger l&#8217;artiste qui lui a été substitué par le gouvernement turc, cette substitution ayant été acceptée par l&#8217;intérressé. M. Demirtaş a le droit de remettre en cause la sincérité de ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; et pointer du doigt leurs contradictions. Il peut et doit le faire, le but étant de déconstruire ce jeu de représentation dans lequels tous se sont inscrits.</p>
<p>Ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; qui vont discuter de la question kurde avec le Premier Ministre turc alors qu&#8217;ils se sont toujours écartés de la politique; qui n&#8217;ont jamais pris une ferme position; qui sont souvent sinon toujours restés sous silence; qui n&#8217;ont rien fait sinon peu fait pour enrichir la culture kurde; qui ont au contraire participé au processus d&#8217;assimilation de la population kurde; qui ont privé la culture kurde d&#8217;une partie de ses richesses en les exploitant et intégrant dans la culture turque. Ces &#8220;Kurdes blancs&#8221;, désignés comme les parfaits interlocuteurs, qui ont construit leur fortune en exploitant les créations et innovations kurdes passant outre les droits d&#8217;auteurs et qui aujourd&#8217;hui font mine de s&#8217;intérresser à la cause kurde. Qu&#8217;ont ils à dire ceux là? De quoi vont ils discuter? De rien, là est tout le problème. Parce que ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; sont toujours dans leur rôle. Ils sont là où les feux s&#8217;allument. Là où tournent les projecteurs. Et ils continuent d&#8217;accepter et de se soumettre. Pour &#8220;réussir&#8221;. Yilmaz Erdoğan crie à la démagogie de Selahattin Demirtaş mais va s&#8217;asseoir à la table de celui qui veut résoudre la question kurde en envoyant les représentants politiques kurde, et les gosses avec, en prison. Yilmaz Erdoğan crie à la démagogie de Selahattin Demirtaş mais, bienveillant à l&#8217;égard du gouvernement turc, il participe volontiers et avec plaisir à un évènement qui n&#8217;est que pure phénomène médiatique. Prétendre le contraire, au vu de la composition du casting, c&#8217;est au pire de la mauvaise foi, au mieux de la naïveté.</p>
<p>Yilmaz Erdoğan ne veut pas qu&#8217;on lui rappelle quelques vérités. Lui, l&#8217;artiste, prend la place du politique en intervenant dans un sujet éminemment politique mais refuse de reconnaitre au politique le droit de critique ou d&#8217;intervention. Yilmaz Erdoğan préfère se cacher derrière sa position d&#8217;artiste pour essuyer et éviter toute critique. Sauf que l&#8217;artiste ne dispose pas d&#8217;une immunité. Il a, lui aussi, quelques responsabilités&#8230;</p>
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		<title>Ces enfants kurdes jugés comme des terroristes</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 18:13:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Article de Laure Marchand, publié le 11 février 2010 sur le site Le Figaro. 
Poursuivis par la justice turque pour avoir manifesté leur soutien au PKK, traités comme des adultes, ils peuvent être condamnés à vingt ans de prison.
La photo de Berivan qui est accrochée au mur du salon familial, au-dessus d&#8217;un bouquet en plastique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Article de Laure Marchand, publié <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2010/02/11/01003-20100211ARTFIG00395-ces-enfants-kurdes-juges-comme-des-terroristes-.php" target="_blank">le 11 février 2010 sur le site Le Figaro. </a></strong></p>
<p>Poursuivis par la justice turque pour avoir manifesté leur soutien au PKK, traités comme des adultes, ils peuvent être condamnés à vingt ans de prison.</p>
<p>La photo de Berivan qui est accrochée au mur du salon familial, au-dessus d&#8217;un bouquet en plastique, a fait la une de tous les journaux. Avec son sourire timide, cette adolescente est devenue le symbole de la montée de la répression judiciaire turque contre les enfants kurdes qui participent à des manifestations de soutien à la guérilla du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).</p>
<p>La jeune fille de 15 ans a été arrêtée le 9 octobre à Batman, dans l&#8217;est de la Turquie, au cours d&#8217;un rassemblement interdit. Fin janvier, une cour criminelle spéciale l&#8217;a reconnue coupable de «crimes commis au nom d&#8217;une organisation illégale», «manifestations hors la loi» et «actes de propagande pour une organisation illégale». Verdict : sept ans et neuf mois de prison. «Ma fille est traitée comme la pire des criminelles, même un meurtrier peut s&#8217;en sortir mieux, se révolte Meryem, sa mère. Ils l&#8217;ont ramassée dans la rue et en ont fait une terroriste.»</p>
<p>À son procès, Berivan, ouvrière dans une usine d&#8217;emballage de vêtements, a déclaré ne pas comprendre la signification du mot «propagande». Incarcérée depuis quatre mois, elle envoie à sa «maman chérie» de longues lettres sur du papier décoré de fleurs roses. «Je voudrais n&#8217;avoir jamais été séparée de toi, c&#8217;est si dur d&#8217;être ici, sors-moi de là», supplie-t-elle dans une écriture appliquée.</p>
<p><strong>«Une vaste comédie»</strong></p>
<p>Comme Berivan, 83 autres mineurs se trouvent dans la prison de Diyarbakir, la grande ville kurde de Turquie, déjà condamnés ou en attente de jugement. Ces deux dernières années en Turquie, selon un décompte de l&#8217;Association des droits de l&#8217;homme (IHD), 3 000 enfants sont poursuivis pour avoir pris part à des manifestations, essentiellement dans les régions de l&#8217;est du pays. Les jets de pierres et de cocktails Molotov contre les forces de l&#8217;ordre ou une simple présence à un meeting tombent sous le coup de la loi antiterroriste et sont punis de très lourdes peines de prison.</p>
<p>Depuis 2006, à la suite d&#8217;un durcissement de la législation, les plus de 15 ans sont jugés comme des adultes, en violation de la convention onusienne relative aux droits de l&#8217;enfant, signée par la Turquie. «<em>Certains se voient condamnés à vingt ans de prison, sans réduction de peine</em>, s&#8217;insurge Canan Atabay, une avocate de Diyarbakir. <em>Prononcer de telles sentences pour des jets de pierres ressemble à une vaste comédie alors que l&#8217;avenir de ces enfants est en jeu. C&#8217;est l&#8217;arsenal législatif qu&#8217;il faut revoir de fond en comble</em>.» L&#8217;un de ses vingt-deux clients mineurs, âgé de 16 ans, est accusé d&#8217;avoir lancé des cocktails Molotov. Il encourt jusqu&#8217;à 44 ans de prison.</p>
<p><strong>«Ils sont tous en prison»</strong></p>
<p>Le Parlement est censé s&#8217;attaquer à la situation des «enfants terroristes» depuis novembre. Mais le projet de loi n&#8217;a toujours pas été inscrit à l&#8217;ordre du jour. Victime de l&#8217;enlisement de cette «ouverture démocratique» que le gouvernement islamo-conservateur avait promis afin de répondre aux revendications des 12 millions de Kurdes de Turquie. Même si les mesures prévues sont votées, «il sera toujours possible de condamner à une peine supérieure à dix ans» et l&#8217;option de la prison restera la norme, selon l&#8217;Association des droits de l&#8217;homme de Diyarbakir. «<em>Ces jeunes en prison sont les enfants des Kurdes qui ont été tués ou torturés par l&#8217;État turc, dont les villages ont été rasés, </em>estime Arif Akkaya, porte-parole d&#8217;un collectif de familles, en faisant référence au conflit qui a fait plus de 45 000 morts depuis 1984.<em> Une telle expérience ne peut conduire qu&#8217;à leur radicalisation</em>.»</p>
<p>Mehmet, 17 ans, fait partie de la génération de l&#8217;«Intifada kurde», comme les médias l&#8217;ont surnommée. Remis en liberté provisoire en novembre dernier, l&#8217;adolescent avait été arrêté en mars 2008 alors qu&#8217;il manifestait pour dénoncer les opérations de l&#8217;armée turque contre les bases arrière du PKK en Irak. «<em>Je risque vingt-cinq ans pour des cocktails Molotov, mais dans mon dossier, il n&#8217;y a qu&#8217;une photo de moi les bras croisés</em>», assure-t-il.</p>
<p>D&#8217;une voix tranquille, qui n&#8217;a pas encore fini sa mue, le jeune garçon raconte qu&#8217;il a eu le temps de réfléchir derrière les barreaux : «<em>La seule explication que j&#8217;ai trouvée à ce qui m&#8217;arrive c&#8217;est que je suis kurde. Mon rêve est désormais de rejoindre l&#8217;organisation dans la montagne et de me battre pour mon peuple</em>.» Et l&#8217;engagement politique ? «<em>Regardez le résultat, ils sont tous en prison</em>», rétorque-t-il. Depuis l&#8217;interdiction en décembre par la Cour constitutionnelle du parti pro kurde, qui était accusé de liens avec le PKK, une centaine de ses membres a été arrêtée. Plusieurs dizaines, dont huit maires, sont toujours détenues.</p>
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		<title>Le crime de Kahta attire à nouveau l’attention sur les violences subies par les femmes.</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 09:22:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Article de Jean Marcou, publié sur le blog OVIPOT le 09 février 2010. 
L’assassinat d’une jeune Kurde de 16 ans par des membres de sa famille, a relancé, en Turquie, au cours du week-end dernier, les débats sur la persistance des &#8220;crimes d’honneur&#8221; et des violences faites aux femmes. Le corps de Medine Memi a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Article de Jean Marcou, publié sur le <a href="http://ovipot.blogspot.com/2010/02/le-crime-de-kahta-attire-nouveau.html" target="_blank">blog OVIPOT</a> le 09 février 2010. </strong></p>
<p>L’assassinat d’une jeune Kurde de 16 ans par des membres de sa famille, a relancé, en Turquie, au cours du week-end dernier, les débats sur la persistance des &#8220;crimes d’honneur&#8221; et des violences faites aux femmes. Le corps de Medine Memi a été récemment retrouvé, ligoté en position assise, au fond d’une fosse recouverte par une chape de béton, dans un jardin attenant à la maison de sa famille, qui réside à Kahta, une petite ville située dans la province d’Adıyaman, au pied du Nemrut Dağı. L’autopsie de la jeune fille, qui avait «disparu» depuis 40 jours selon ses proches, a révélé qu’elle était encore vivante lorsqu’elle a été enterrée, probablement par son père et son grand-père, qui lui reprochaient de trop sortir et d’avoir des conversations téléphoniques avec des hommes. Mais l’enquête indique également que Medine serait allée se plaindre, à quatre reprises, aux autorités locales, des coups et mauvais traitements, dont elle et les femmes de son entourage étaient régulièrement victimes. Ce constat amène les associations féministes et certains médias à pointer du doigt, une fois de plus, l’inaction coupable de l’Etat à l’égard de pratiques qui demeurent courantes, en dépit des législations adoptées et des programmes lancés dans le sillage de la candidature d’Ankara à l’UE.</p>
<p>Les violences faites aux femmes en Turquie sont multiples : mariages forcés, mariages religieux (sans passage devant l’officier d’état civil, ce qui permet de contourner l’interdiction de la polygamie), violences conjugales, répudiations, meurtres déguisés en suicides, «crimes d’honneur» (480 femmes assassinées entre 2000 et 2005). Elles sont particulièrement fréquentes dans les provinces kurdes du sud-est anatolien, mais aussi, dans l’ouest du pays, au cœur des grandes métropoles, et dans les communautés immigrées en Europe occidentale. La famille de Medine Memi appartient, il est vrai, à une congrégation musulmane intégriste dont Kahta est réputée être le centre, mais les spécialistes s’accordent à dire que ces violences sont avant tout liées à une structure familiale patriarcale où une certaine conception de l’honneur de la communauté est érigée en valeur ultime. La passivité de l’Etat turc face à l’ampleur du problème comme les tolérances suspectes des appareils policier judiciaire dans les affaires de violences familiales (alors qu’ils se montrent d’ordinaire beaucoup plus répressifs sur d’autres terrains) conduisent les travailleurs sociaux et les ONG à demander régulièrement des comptes aux institutions publiques et à la classe politique dans son ensemble. Plusieurs commentateurs s’étonnaient, lundi, qu’aucun ténor politique n’ait éprouvé le besoin de réagir à l’assassinat particulièrement odieux de Medine Memi, craignant que l’on veuille en l’occurrence éviter de troubler un consensus social qui ferme les yeux sur ces violences, voire qui les approuve purement et simplement. La dépêche de l’AFP, relatant le «crime d’honneur» de Kahta rappelait notamment qu’un sondage réalisé, en 2006 à Diyabakır, montrait que 37% des personnes interrogées estimaient qu’une femme adultère devait être punie de mort.</p>
<p>Le décalage demeure donc grand entre l’affichage d’une législation plutôt égalitaire, dont la Turquie peut s’enorgueillir au sein du monde musulman, et des pratiques institutionnelles et sociales, qui laisse encore libre cours à une violence insupportable, comme celle qui a frappé Medine Memi. Ce décalage est d’ailleurs régulièrement souligné par les rapports que la Commission européenne rend chaque année pour évaluer la candidature d’Ankara. Il faut rappeler que l’Union Européenne (UE) sait de quoi elle parle. En 1999, une enquête effectuée par «Eurobaromètre», à la demande de la Commission européenne, sur l’ensemble des pays membres de l’UE, avait révélé que, 20 à 50% des femmes y étaient victimes de violences conjugales, ce qui représentait alors un total de 4 millions de personnes. En Turquie, une enquête menée en 2008 par KSGM (Kadının Statüsü Genel Müdürlüğü, Direction du statut de la femme) a révélé que 39% des femmes interrogées dans 51 provinces subissaient des violences de la part de leur époux ou compagnon, mais que seulement 4% d’entre elles osaient porter plainte. L’assassinat de Medine Memi montre hélas que cette audace n’est pas sans risque.<br />
JM</p>
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		<title>DIYARBAKIR : La justice turque s’en prend aux défenseurs des Droits de l’Homme</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 12:20:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Bersiv vous présente un article d&#8217;André Métayer, publié le 05 février 2010 sur le site Amitiés kurdes de Bretagne. 
Me Muharrem ERBEY, Vice-Président national et Président de la section de Diyarbakir de l’Association des Droits de l’Homme de Turquie (IHD), a été arrêté le 24 décembre 2009 lors d’une des rafles qui a touché également [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bersiv vous présente un article d&#8217;André Métayer, publié le <a href="http://akbdrk.free.fr/spip.php?article219" target="_blank">05 février 2010 sur le site Amitiés kurdes de Bretagne.</a> </strong></p>
<p>Me Muharrem ERBEY, Vice-Président national et Président de la section de Diyarbakir de l’Association des Droits de l’Homme de Turquie (IHD), a été arrêté le 24 décembre 2009 lors d’une des rafles qui a touché également des dizaines d’élus (maires et conseillers municipaux notamment), anciens députés et de dirigeants du DTP (aujourd’hui dissout et remplacé par le BDP). Les policiers qui ont procédé à son arrestation l’ont conduit, sans l’autoriser à appeler un collègue avocat, au siège de l’association où ils ont immédiatement confisqué les disques durs de 12 ordinateurs et tous les CD, DVD, livres et documents. Me ERBEY a été exposé aux médias, tout comme les élus du DTP, les mains menottées dans la cour du Palais de justice.</p>
<p>Lors de son interrogatoire chez le Procureur, Me ERBEY a été accusé d’appartenance à une organisation illégale notamment en raison des activités suivantes :</p>
<p>1) avoir élaboré des projets et organisé des formations sur les droits des enfants, des femmes ;</p>
<p>2) avoir participé aux travaux d’élaboration d’une constitution civile et démocratique aux côtés d’organisations de la société civile ;</p>
<p>3) être le conseiller juridique du Maire de Diyarbakir M. Osman BAYDEMIR, de l’avoir défendu lors de nombreux procès intentés contre lui et de s’être rendu fréquemment à la Mairie de Diyarbakir ;</p>
<p>4) avoir accordé une interview à Roj TV (alors que depuis deux ans il accorde des interviews aux médias locaux et internationaux sans être inquiété) ;</p>
<p>5) avoir &#8220;ridiculisé&#8221; l’Etat turc lors de ses interventions aux parlements suédois, belge et anglais ainsi qu’au siège de Genève des Nations Unies ;</p>
<p>6) avoir &#8220;ridiculisé&#8221; les forces de l’ordre, avoir soutenu moralement &#8220;l’organisation&#8221; [1].</p>
<p>Pourquoi assurez-vous la défense de plusieurs justiciables sans être rémunéré ?<br />
lui a demandé le juge d’instruction.</p>
<p>Réponse de Me ERBEY :</p>
<p style="padding-left: 30px">de nombreuses victimes de torture, de mauvais traitements, de violations du droit à la vie et à la liberté d’opinion et d’expression s’adressent à l’IHD et, en tant que défenseur des droits humains, je donne une aide juridique gratuite aux personnes démunies ; c’est le lot quotidien des défenseurs des droits humains à travers le monde ; pourquoi une telle attitude serait qualifiée de délit à Diyarbakir ? Les défenseurs des droits humains ne font aucune distinction de sexe, d’origine, de classe sociale, d’opinion politique entre les victimes à défendre ; on peut trouver parmi elles aussi bien des parents de soldats, des épouses de policiers, des &#8220;gardiens de village&#8221; [2] que des sympathisants du PKK et des filles portant le foulard.</p>
<p>Au terme de la procédure, le juge a ordonné son incarcération au motif qu’il aurait mené toutes ces activités au nom de &#8220;l’organisation&#8221;. Me ERBEY est actuellement incarcéré à la prison de haute sécurité (type D) de Diyarbakir.</p>
<p>Le CETIM (Centre Europe-Tiers Monde), le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) la LIFPL (Ligue internationale de femmes pour la paix et la liberté) condamnent fermement, dans un communiqué, l’arrestation et l’incarcération de Me Muharrem ERBEY et exhortent les autorités turques à le libérer immédiatement</p>
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