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	<description>à la porte du Kurdistan</description>
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		<title>Des identités en superposition</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 18:50:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Armanc Rohan</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Kurdistan]]></category>

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		<description><![CDATA[UN ARTICLE SUR &#8220;CETTE ETOILE A MON BRAS&#8221;
Par Stéphane Encel, pour l&#8217;Arche
On pensera ce que l’on veut du débat sur l’identité nationale, de son opportunité et de ses conclusions, en admettant qu’il fallait, à un moment où à un autre, se réapproprier le terme devenu sensible d’ « identité », comme ce fut le cas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>UN ARTICLE SUR &#8220;CETTE ETOILE A MON BRAS&#8221;</strong></p>
<p>Par Stéphane Encel, pour l&#8217;Arche</p>
<p>On pensera ce que l’on veut du débat sur l’identité nationale, de son opportunité et de ses conclusions, en admettant qu’il fallait, à un moment où à un autre, se réapproprier le terme devenu sensible d’ « identité », comme ce fut le cas pour le concept de « nation ». Cependant aucun débat ne pourra épuiser le sujet, tant des identités individuelles et collectives multiples composent l’identité nationale. A interroger le patrimoine du judaïsme, nous trouvons en substance toute la complexité de la question du « qui suis-je ? », et « qui suis-je vivant avec les autres ? », que posait déjà de manière synthétique Hillel. Les recherches en génétique confirment d’ailleurs cette mosaïque d’origines et de cultures, qu’un sentiment fort d’appartenance à une communauté de destin cimente ; sentiment qui doit beaucoup, faut-il le rappeler, aux piqures de rappels de l’antisémitisme, de l’image apposée sur le dos d’hommes qui souvent ne savaient pas jusque là ce que signifiait le fait d’être juif. </p>
<p>Comme j’avais eu l’occasion de le souligner, peut-être que la question de l’identité nationale pourrait trouver un point d’ancrage dans le rapport du citoyen à la cité grecque et ses divinités. Dans sa maison et au sein de sa famille, il peut honorer toutes sortes de divinités, au cours de toutes sortes de cérémonies. Le culte de la cité impose cependant des divinités tutélaires, et des cérémonies ritualisées visant à renforcer la cohésion de la cité, à homogénéiser le corps civique. Cela donne une superposition dans laquelle à la fois les particularismes peuvent s’épanouir, et le groupe exister et se perpétuer. L’équilibre entre les deux est délicat mais essentiel. Les tentatives d’unification sont périlleuses, et il est toujours frappant de constater qu’en physique les mêmes termes de superposition et d’unification sont employés, pour évoquer l’existence si troublante des mondes quantiques de l’infiniment petit et de la gravité.</p>
<p>Le cinéma et la littérature ont l’extraordinaire capacité de mettre en lumière et en scène l’humanité de ces questions. De montrer qu’elles concernent avant tout des individus. L’un de ces romans vient d’être publié, qui illustre encore la profondeur des identités et la confusion des univers. Un jeune juif allemand, Henrich, réfugié à Paris depuis la venue d’Hitler au pouvoir, vit de cours de peinture qu’il dispose, alors qu’il était un artiste peintre et un critique d’art réputé. Il ressent son judaïsme de manière complexe, « interne » et externe » ; il le vit, l’étudie, l’aime, et en même temps, depuis quelques années, il le subit, puisqu’on l’accuse de porter une sorte de maladie héréditaire, inguérissable ; entre amour et haine de soi, comme ce fut le cas pour bon nombre de coreligionnaires. Mais une mission délicate, proposée par un diplomate, va venir encore brouiller les frontières : se rendre en Allemagne, et approcher les cercles intimes du Führer, pour, à ce moment, aviser de ses plans et de la meilleure manière de les contrer. Son ticket d’entrée ? Magda, la femme de Goebbels, amatrice d’art, et qui, quelques années plus tôt, avait même eu une relation – cachée – avec un jeune juif. Henrich se fera ainsi passer pour un grand connaisseur d’art chinois ; le plan fonctionne au mieux, puisque qu’il entreprend même une liaison avec Magda, et est employé comme fonctionnaire du régime ; qui devient-il alors ? Sa relation – complexe et perverse – avec Magda le trouble, son travail l’écœure, même s’il peut ainsi mettre à l’abri un certain nombre de juifs, et notamment une toute jeune enfant que le traumatisme mure dans le silence. </p>
<p>Le cheminement intérieur d’Henrich, parallèle à l’abîme dans lequel est plongée l’Histoire, qui la dépasse et le submerge ; sa quête qui peut le perdre – dans tous les sens du terme – à chaque instant, constituent des axes explorés avec à la fois subtilité et violence.</p>
<p>L’auteur n’est pas pour rien dans l’intérêt pour ce roman ; Setâre Enayatzadeh est une chercheuse en philosophie politique, qui s’est spécialisée sur l’Iran des mollahs ; plus largement, sur les identités qui composent sa culture plurimillénaire. C’est ainsi que la question kurde est très présente dans ses recherches ; Setâre maîtrise les différentes langues, us et coutumes de ces identités, cumulant une origine juive, elle-même mélangée entre Europe et Moyen-Orient. Cette mosaïque, plutôt qu’une superposition, contribue tout à la fois à un enrichissement personnel et à la difficulté de se définir. D’autant que des conflits d’intérêt peuvent rendre le positionnement délicat, notamment autour de la problématique israélienne.</p>
<p>Ce roman est une œuvre de jeunesse, alors que l’auteur était à une période charnière, entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte ; elle avait d’ailleurs beaucoup travaillé le fond historique, pour rendre ce décor parfaitement crédible. Œuvre de jeunesse laissée quelques années en friche, avant qu’un besoin, une évidence, rende sa parution irrépressible ; et ce fut au moment où précisément l’auteur travaillait intensément sur la question kurde, s’éloignant, en apparence, d’un questionnement juif. Pourtant, ces univers sont proches ; les minorités présentent toutes des caractéristiques similaires, surtout quand elles évoluent dans des contextes d’oppression, ou de contraintes plus ou moins grandes. A cela s’ajoute, pour les kurdes, une question nationale – essentiellement en Irak – et de reconnaissance de leur culture, en Turquie. </p>
<p>« Il faut s’exprimer coûte que coûte, une étoile au bras ou au cœur, l’identité collée à l’âme ou au poignet »… Voici une conclusion qui vaut pour tout individu, et qui est un fil conducteur du roman.</p>
<p>Illustration très forte de chemins de vie qui s’entrecroisent, au hasard des rencontres et des séparations, mêlant des cultures et identités aux siennes propres, les enrichissant tout en les interrogeant. Le judaïsme pourrait bien apporter des pistes passionnantes de réflexion sur les débats nationaux actuels. </p>
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		<title>L&#8217;Europe par la justice &#8211; Erdal Balci</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Feb 2010 15:06:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Bersiv vous présente un article d&#8217;Erdal Balci, publié sur le site Presseurope, le 19 février 2010. 
Liberté de religion, égalité des droits, violation des droits de l’homme : de nombreux Turcs contournent leur justice en s’adressant à la Cour européenne des droits de l’homme. Un phénomène qui exaspère les juristes mais change peu à peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><strong>Bersiv vous présente un article d&#8217;Erdal Balci, publié sur le <a href="http://www.presseurop.eu/fr/content/article/194631-l-europe-par-la-justice" target="_blank">site Presseurope, le 19 février 2010. </a></strong></p>
<p>Liberté de religion, égalité des droits, violation des droits de l’homme : de nombreux Turcs contournent leur justice en s’adressant à la Cour européenne des droits de l’homme. Un phénomène qui exaspère les juristes mais change peu à peu la société.</p>
<p>Les Turcs ont remplacé l’ancien adage &#8220;Heureusement qu’il y a encore des juges souverains à Ankara&#8221; par un nouveau : &#8220;Heureusement qu’il y a encore des juges souverains à Strasbourg&#8221;. Lorsqu’ils veulent obtenir justice, les Turcs frappent en masse à la porte de la Cour européenne des droits de l’Homme [l’organe judiciaire du Conseil de l’Europe, différent de la Cour de justice de l’Union européenne]. C’est bien pour les victimes, mais la grogne s’accroît, et la question &#8220;N’en sommes-nous pas capables nous-mêmes ?&#8221; se pose.</p>
<p>Après la récente décision de la Cour des droits de l’homme, un citoyen turc, Ebuzet Atalan, pose tout sourire pour les journaux, une carte d’identité turque à la main. Cet adepte de la religion yezidi sera bientôt débarrassé de la lettre X qui figure à la case religion sur sa pièce d’identité. Les autorités ne reconnaissaient en effet pas la croyance d’Atalan. De même, les quinze millions d’Alévis ne pouvaient pas mentionner leur foi sur leur carte d’identité. La case mentionnait : Islam. L’un d’entre eux a intenté un procès. Les juges turcs lui ont donné tort mais les juges européens ont eu, comme c’est souvent le cas, un autre avis. Désormais c’est au gouvernement de choisir : ou bien la pièce d’identité ne mentionne pas la religion du citoyen, ou bien elle mentionne la religion choisie par le citoyen concerné.</p>
<p><strong>Résistance absolue aux intérêts de l’individu</strong></p>
<p>&#8220;La Turquie ne parvient pas à changer sa manière de penser&#8221;, explique Semsi Aslanker, un juriste d’Istanbul. &#8220;Pour la grande majorité des juges turcs, l’intérêt de l’Etat passe avant celui de l’individu. Ils ne sont pas les seuls à penser ainsi, presque tous les Turcs en font autant. Il faut instaurer une nouvelle mentalité dans ce pays, sinon ce seront les autres pays qui nous obligeront à suivre la bonne voie.&#8221;</p>
<p>Les milliers de fois où la cour de Strasbourg a rappelé à l’ordre la Turquie [qui a rejoint le Conseil de l’Europe en 1949] et les millions d’euros que le pays a dû payer en dommages et intérêts à ses propres citoyens victimes, sont de plus en plus considérées comme une humiliation. L’irritation devient tellement importante qu’un célèbre intellectuel a ironisé : &#8220;Il semble que nous n’ayons pas, en tant que peuple, la capacité de gouverner notre pays. Nous n’avons qu’à demander à la Cour de le faire.&#8221;</p>
<p><strong>Quelque 13 000 affaires en cours</strong></p>
<p>Il y a de quoi être exaspéré. Les juges de la Cour font des heures supplémentaires pour pouvoir traiter les demandes en provenance de Russie et de Turquie. Près de 13 000 affaires provenant de Turquie sont actuellement en cours de traitement. Et la pratique montre que les affaires gagnées par les pouvoirs publics turcs sont l’exception absolue.</p>
<p>Les Turcs ont beau grogner, la Cour européenne des droits de l’homme a bel et bien transformé le pays. Les condamnations pour les violations des droits de l’homme en zone kurde, les dommages et intérêts payés aux victimes, la contribution de la Cour à l’enseignement de la langue kurde, l’obligation pour les pouvoirs publics de mieux protéger les femmes ont vraiment rapproché le pays de l’Union européenne. Sans bataille de la part de la classe politique.</p>
<p>Le juriste Aslanker conclut : &#8220;Il est bien facile de demander à la Cour des droits de l’homme de faire le sale boulot, mais le ciment d’un pays devrait être l’honneur. Un pays qui se prend au sérieux devrait se retrousser les manches. Aussi épineux que soient les sujets.&#8221;</p>
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		<title>Yilmaz Erdoğan et le « populiste » Selahattin Demirtaş</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 20:46:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Au cœur d&#8217;une légère polémique: le réalisateur, comédien, producteur, poète et humoriste très célèbre en Turquie, Yilmaz Erdoğan. Cet artiste, originaire de la ville de Hakkari, qui revendique ses origines kurdes et qui est marié à la petite fille du Cheikh Saïd, fait l&#8217;objet de vifs débats en raison d&#8217;une accusation portée au Premier secrétaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://bersiv.com/files/2010/02/F1880803120_selahattin%20demirtas.jpg"></a>Au cœur d&#8217;une légère polémique: le réalisateur, comédien, producteur, poète et humoriste très célèbre en Turquie, Yilmaz Erdoğan. Cet artiste, originaire de la ville de Hakkari, qui revendique ses origines kurdes et qui est marié à la petite fille du Cheikh Saïd, fait l&#8217;objet de vifs débats en raison d&#8217;une accusation portée au Premier secrétaire générale du BDP, Selahattin Demirtaş.</p>
<p>Yilmaz Erdoğan a, en effet, accusé de « populiste » le premier secrétaire générale qui, lors du premier congrès du BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie, a remplacé le DTP interdit par la cour constitutionnelle turque), avait appelé les artistes d&#8217;origine kurde – parmi lesquels Ibrahim Tatlises, Mahsum Kirmizigul, Yilmaz Erdoğan – à produire, créer et réaliser en langue kurde afin de résister à l&#8217;assimilation imposée par les autorités politiques turques. Mais pour l&#8217;artiste, au cœur du débat, Selahattin Demirtaş serait à l&#8217;origine d&#8217;un appel « populiste » et ne saurait, en tant qu&#8217;homme politique, intervenir dans le domaine artistique. &#8220;<em>La politique n&#8217;a pas le pouvoir de dire à l&#8217;art ce qu&#8217;il doit faire. Il n&#8217;a pas non plus besoin de dire ce que l&#8217;on doit faire. Je ne doute pas de sa bonne volonté mais l&#8217;artiste ne fonctionne que sur la base de sa propre perception. De plus, il est tout à faire normal aujourd&#8217;hui de travailler en langue kurde. Ca ne devrait pas se passer comme ça&#8230; Je n&#8217;ai pas d&#8217;ordonnance précise à ce sujet. Ce qui est important, c&#8217;est la volonté, c&#8217;est de faire ce qu&#8217;il nous incombe de faire. Je ne pense pas que se soit quelque chose qui puisse se régler par des propos populistes tenus lors de Congrès&#8221;</em> a -t-il déclaré.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il? L&#8217;appel de Selahattin Demirtaş est il &#8221;populiste&#8221; »? Selahattin Demirtaş peut il faire un tel appel? Peut il, en tant qu&#8217;homme politique, intervenir auprès des artistes et leur demander de produire en langue kurde? S&#8217;agit- il d&#8217;une intervention impossible et interdite?</p>
<p>Le terme « populiste », employé par Yilmaz Erdoğan, fait réagir parce qu&#8217;il est entendu non pas dans le sens premier du terme mais dans son sens péjoratif. Le populisme est à l&#8217;origine définit  <em>comme un courant politique dirigé par un leader charismatique et caractérisé par une critique systématique des élites et une référence constante au peuple</em>. <em>Le populisme oppose les élites, présentées comme un petit groupe qui ne défend que ses propres intérêts, au peuple lié par l&#8217;intérêt collectif.</em> En revanche au sens péjoratif du terme, l&#8217;adjectif &#8221;populiste&#8221; est synonyme de &#8220;démagogie&#8221;, la &#8220;démagogie&#8221; étant  &#8220;<em>l&#8217;abus de la démocratie qui consiste à flatter les passions populaires</em>&#8220;. Il s&#8217;agit de flatter le peuple en tenant un discours simpliste. C&#8217;est, sans aucun doute possible, dans cette seconde définition que se situe la critique ou l&#8217;accusation de Yilmaz Erdoğan. En direct sur la chaine NTV, il réagit et explique en effet que la question de la survie et du renforcement de la langue kurde ne saurait être réglée par des discours populistes prononcés au cours de congrès.</p>
<p>La question se pose: en quoi l&#8217;appel formulé par Selahattin Demirtaş est il un discours &#8220;populiste&#8221;? La question de la protection de la langue kurde et de son renforcement est au coeur du programme politique du BDP. Toutes les mesures proposées par ce parti s&#8217;orientent autour de la défense de l&#8217;identité kurde, dont la langue est un élément constitutif. Il est d&#8217;ailleurs, à ce titre, dénoncé comme un parti &#8220;nationaliste&#8221; ou encore &#8220;ethnique&#8221;. Tout à fait cohérent au discours, au programme et au but politique du BDP, l&#8217;appel de Selahattin Demirtaş &#8211; loin de flatter les passions populaires et d&#8217;ailleurs comment pourrait il réussir- s&#8217;inscrit dans le cadre d&#8217;un constat malheureux pour l&#8217;identité et la langue kurde et plus largement pour la politique kurde. Cet appel est en effet un aveu d&#8217;impuissance de la part du politique. Le politique kurde &#8211; faute de moyens, d&#8217;autorisations, de capacités et de possibilités &#8211; pour atteindre son objectif qui est la survie et la défense de la langue kurde, &#8220;s&#8217;en remet&#8221; à ceux qui, en Turquie, ont les moyens, les capacités et les possibilités de lutter, concrètement, contre les politiques d&#8217;assimilations et de participer au renforcement de la langue et de l&#8217;identité kurde. Il &#8220;s&#8217;en remet&#8221; à ceux qui ont la possibilité de représenter -également- les revendications kurdes et qui disposent de moyens bien plus considérables pour assurer cette défense. En Turquie, ce sont les Ibrahim Tatlises, Mahsum Kirmizigul et Yilmaz Erdoğan, entre autres, qui disposent d&#8217;un tel pouvoir. Ces artistes qui revendiquent pour certains leurs identités kurdes disposent d&#8217;un capitale de sympathie, de moyens financiers et d&#8217;un certain poid médiatique et peuvent tout à fait participer au renforcement de la langue et culture kurde, en enrichissant le domaine du cinéma, de la chanson et même de la littérature kurde. Ils peuvent faire bien plus que le politique kurde qui ne peut lui intervenir que sur la seule sphère politique. Le politique kurde ne peut rien faire en effet sinon s&#8217;assurer de la protection juridique de la langue et de l&#8217;identité kurde et appeler tout à chacun à prendre ses responsabilités. Et c&#8217;est justement parce que Selahattin Demirtaş a conscience des limites du politique qu&#8217;il appelle et prie les artistes d&#8217;origine kurde à contribuer, de leur côté, à l&#8217;enrichissement et la sauvegarde de leur culture et à prendre leur responsabilité dans ce domaine. Parce que Selahattin Demirtaş le pense: &#8220;<em>Il n&#8217;y a pas d&#8217;autre moyen pour lutter contre l&#8217;assimilation</em>&#8220;. </p>
<p>Au delà d&#8217;une participation au renforcement de la langue kurde, Selahattin Demirtaş espère bénéficier &#8211; ce n&#8217;est pas spéculer que de le penser &#8211; d&#8217;un soutien de ceux qui sont appelés à participer à la réunion organisée par le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, dans le cadre de ce que tous ont appelé successivement l&#8217; &#8220;ouverture démocratique&#8221;/l&#8217;ouverture kurde/ le projet d&#8217;union nationale&#8230; etc. A ce titre, faut-il le souligner, s&#8217;il n&#8217;y a pas dans cette histoire une immixtion du politique kurde dans le domaine artistique, si par son appel Selahattin Demirtaş ne se substitue pas à l&#8217;artiste, il y a, en revanche, une immixtion &#8211; sans doute involontaire- des artistes dans le domaine de la représentation politique. Ibrahim Tatlises et Yilmaz Erdoğan, parmi ceux dont j&#8217;ai entendu citer le nom, sont en effet appelés à la réunion parce qu&#8217;ils sont artistes d&#8217;une part et que le gouvernement turc entend deux choses &#8211; s&#8217;appuyer sur le soutien de ces artistes pour avancer sur la question kurde ou, par pure politique politicienne, faire croire à la population, essentiellement kurde, que le gouvernement agit. Mais ils sont appelés surtout et, à juste titre, pour leur identité kurde, le gouvernement turc cherchant des interlocuteurs avec qui discuter la question kurde, ignorant et excluant le BDP dont la légitimité démocratique n&#8217;est pourtant  pas à remettre en cause eu égard au succès électoral obtenu lors des dernières élections régionales en Turquie.</p>
<p>Ecartant du débat politique et démocratique le BDP et rejetant ses propositions politiques, le gouvernement crée un vide, une absence qu&#8217;il est nécessaire de combler puisqu&#8217;il faut bien discuter de la question avec un ou des interlocuteurs. Après avoir discuter de la question avec des journalistes, le gouvernement turc, dont on ignore encore la portée du projet démocratique relatif au sujet kurde, veut discuter de la problématique kurde avec des artistes, parmi lesquels les célèbres Ajda Pekkan, Orhan Gençebay, Müslüm Gürses, Kubat et &#8211; prière de ne pas rire- la chanteuse pop turque Demet Akalin qui aime dandiner du cul et dont on ne comprend pas bien ce qu&#8217;elle vient faire ici. Mais à côté de ces artistes turques, le gouvernement a choisi ses artistes d&#8217;origine kurde. Ce sont ce que l&#8217;on appelle les &#8221;Kurdes blancs&#8221; que l&#8217;on oppose aux &#8220;Kurdes noirs&#8221;.  Les &#8220;Kurdes blancs&#8221; sont ceux qui conviennent et s&#8217;intègrent parfaitement dans la société turque, cette intégration s&#8217;étant faite soit par une assimilation complète, soit par une acceptation des règles imposées dans le but évident de &#8220;réussir&#8221;. En effet, pour &#8220;réussir&#8221; en Turquie, un Kurde ne peut faire autrement que d&#8217;effacer son identité kurde ou de la placer en second plan, de travailler à l&#8217;enrichissement de la culture turque et non kurde et doit éviter d&#8217;étaler ses opinions politiques surtout lorsqu&#8217;elles sont susceptibles de porter atteinte à la sensibilité turque. Les &#8220;Kurdes blancs&#8221; sont donc les gentils Kurdes. Ceux qui ne posent pas tellement de soucis et se sont ceux là qui réussissent effectivement en Turquie. Les autres, opposants au régime, ne peuvent parvenir à ce succès, faute de soutien médiatique et financier et doivent se contenter de moyens largement insuffisants pour leurs travaux d&#8217;enrichissement de la culture kurde. Outre des obstacles d&#8217;ordre financiers, ces Kurdes sont soumis à des achoppements de natures politiques et juridiques, risquant en effet des poursuites judiciaires et des condamnations pénales.</p>
<p>Face à ces différents obstacles qui empêchent toute lutte démocratique ou qui nuisent à l&#8217;enrichissement et le développement de la culture kurde, par ailleurs largement opprimée; face à la criminalisation de ces Kurdes qui travaillent pour la sauvegarde et la protection de leur culture; il reste pour seuls représentants kurdes ces &#8220;Kurdes blancs&#8221;, tout gentillet. Dès lors, il ne faut pas s&#8217;étonner de l&#8217;appel politique de Selahattin Demirtaş, pas plus qu&#8217;il ne faut s&#8217;étonner de la colère d&#8217;une certaine catégorie de la population kurde qui espère un minimum d&#8217;action et de revendication de la part de ces &#8220;Kurdes blancs&#8221;. Ces &#8220;Kurdes noirs&#8221;  relèguent en effet leur parole, étouffée, à ceux qui ont la possibilité de s&#8217;exprimer. Problème: que peuvent-ils espérer sinon la frustration et le mécontentement?  Que peut on attendre de ceux qui ont accepté de jouer le jeu pour assurer leur réussite? Ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; savent exactement ce que leur coûteront une position contraire: une exclusion et une criminalisation au même titre que ces fameux &#8220;Kurdes noirs&#8221;. De cette frustration, les &#8220;Kurdes blancs&#8221; ne sont pas responsables. Après tout, ils font ce qu&#8217;ils veulent. Ce ne sont pas des politiciens nés et ils peuvent tout à fait refuser d&#8217;exercer un rôle représentatif, surtout que celui ci leur est imposé. En revanche, de cette frustration et colère, ils en sont les responsables lorsqu&#8217;ils acceptent de jouer dans l&#8217;arène politique, lorsqu&#8217;ils acceptent d&#8217;endosser le rôle représentatif qu&#8217;il leur a été confié par le gouvernement turc. Yilmaz Erdoğan, en acceptant l&#8217;invitation du gouvernement turc à discuter de la question kurde, transporte avec lui, et en raison de son identité kurde, l&#8217;ensemble de ces voix kurdes éttoufées. Dès lors, parce qu&#8217;il a accepté de prendre la place et le rôle que devrait exercer le politique kurde, Yilmaz Erdoğan ne doit pas s&#8217;étonner de l&#8217;intervention d&#8217;un &#8220;Kurde noir&#8221;, en l&#8217;occurence Selahattin Demirtaş. Le politique kurde, ici, a tout à fait le droit et la légitimité pour interroger l&#8217;artiste qui lui a été substitué par le gouvernement turc, cette substitution ayant été acceptée par l&#8217;intérressé. M. Demirtaş a le droit de remettre en cause la sincérité de ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; et pointer du doigt leurs contradictions. Il peut et doit le faire, le but étant de déconstruire ce jeu de représentation dans lequels tous se sont inscrits.</p>
<p>Ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; qui vont discuter de la question kurde avec le Premier Ministre turc alors qu&#8217;ils se sont toujours écartés de la politique; qui n&#8217;ont jamais pris une ferme position; qui sont souvent sinon toujours restés sous silence; qui n&#8217;ont rien fait sinon peu fait pour enrichir la culture kurde; qui ont au contraire participé au processus d&#8217;assimilation de la population kurde; qui ont privé la culture kurde d&#8217;une partie de ses richesses en les exploitant et intégrant dans la culture turque. Ces &#8220;Kurdes blancs&#8221;, désignés comme les parfaits interlocuteurs, qui ont construit leur fortune en exploitant les créations et innovations kurdes passant outre les droits d&#8217;auteurs et qui aujourd&#8217;hui font mine de s&#8217;intérresser à la cause kurde. Qu&#8217;ont ils à dire ceux là? De quoi vont ils discuter? De rien, là est tout le problème. Parce que ces &#8220;Kurdes blancs&#8221; sont toujours dans leur rôle. Ils sont là où les feux s&#8217;allument. Là où tournent les projecteurs. Et ils continuent d&#8217;accepter et de se soumettre. Pour &#8220;réussir&#8221;. Yilmaz Erdoğan crie à la démagogie de Selahattin Demirtaş mais va s&#8217;asseoir à la table de celui qui veut résoudre la question kurde en envoyant les représentants politiques kurde, et les gosses avec, en prison. Yilmaz Erdoğan crie à la démagogie de Selahattin Demirtaş mais, bienveillant à l&#8217;égard du gouvernement turc, il participe volontiers et avec plaisir à un évènement qui n&#8217;est que pure phénomène médiatique. Prétendre le contraire, au vu de la composition du casting, c&#8217;est au pire de la mauvaise foi, au mieux de la naïveté.</p>
<p>Yilmaz Erdoğan ne veut pas qu&#8217;on lui rappelle quelques vérités. Lui, l&#8217;artiste, prend la place du politique en intervenant dans un sujet éminemment politique mais refuse de reconnaitre au politique le droit de critique ou d&#8217;intervention. Yilmaz Erdoğan préfère se cacher derrière sa position d&#8217;artiste pour essuyer et éviter toute critique. Sauf que l&#8217;artiste ne dispose pas d&#8217;une immunité. Il a, lui aussi, quelques responsabilités&#8230;</p>
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		<title>Ces enfants kurdes jugés comme des terroristes</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 18:13:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Article de Laure Marchand, publié le 11 février 2010 sur le site Le Figaro. 
Poursuivis par la justice turque pour avoir manifesté leur soutien au PKK, traités comme des adultes, ils peuvent être condamnés à vingt ans de prison.
La photo de Berivan qui est accrochée au mur du salon familial, au-dessus d&#8217;un bouquet en plastique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Article de Laure Marchand, publié <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2010/02/11/01003-20100211ARTFIG00395-ces-enfants-kurdes-juges-comme-des-terroristes-.php" target="_blank">le 11 février 2010 sur le site Le Figaro. </a></strong></p>
<p>Poursuivis par la justice turque pour avoir manifesté leur soutien au PKK, traités comme des adultes, ils peuvent être condamnés à vingt ans de prison.</p>
<p>La photo de Berivan qui est accrochée au mur du salon familial, au-dessus d&#8217;un bouquet en plastique, a fait la une de tous les journaux. Avec son sourire timide, cette adolescente est devenue le symbole de la montée de la répression judiciaire turque contre les enfants kurdes qui participent à des manifestations de soutien à la guérilla du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).</p>
<p>La jeune fille de 15 ans a été arrêtée le 9 octobre à Batman, dans l&#8217;est de la Turquie, au cours d&#8217;un rassemblement interdit. Fin janvier, une cour criminelle spéciale l&#8217;a reconnue coupable de «crimes commis au nom d&#8217;une organisation illégale», «manifestations hors la loi» et «actes de propagande pour une organisation illégale». Verdict : sept ans et neuf mois de prison. «Ma fille est traitée comme la pire des criminelles, même un meurtrier peut s&#8217;en sortir mieux, se révolte Meryem, sa mère. Ils l&#8217;ont ramassée dans la rue et en ont fait une terroriste.»</p>
<p>À son procès, Berivan, ouvrière dans une usine d&#8217;emballage de vêtements, a déclaré ne pas comprendre la signification du mot «propagande». Incarcérée depuis quatre mois, elle envoie à sa «maman chérie» de longues lettres sur du papier décoré de fleurs roses. «Je voudrais n&#8217;avoir jamais été séparée de toi, c&#8217;est si dur d&#8217;être ici, sors-moi de là», supplie-t-elle dans une écriture appliquée.</p>
<p><strong>«Une vaste comédie»</strong></p>
<p>Comme Berivan, 83 autres mineurs se trouvent dans la prison de Diyarbakir, la grande ville kurde de Turquie, déjà condamnés ou en attente de jugement. Ces deux dernières années en Turquie, selon un décompte de l&#8217;Association des droits de l&#8217;homme (IHD), 3 000 enfants sont poursuivis pour avoir pris part à des manifestations, essentiellement dans les régions de l&#8217;est du pays. Les jets de pierres et de cocktails Molotov contre les forces de l&#8217;ordre ou une simple présence à un meeting tombent sous le coup de la loi antiterroriste et sont punis de très lourdes peines de prison.</p>
<p>Depuis 2006, à la suite d&#8217;un durcissement de la législation, les plus de 15 ans sont jugés comme des adultes, en violation de la convention onusienne relative aux droits de l&#8217;enfant, signée par la Turquie. «<em>Certains se voient condamnés à vingt ans de prison, sans réduction de peine</em>, s&#8217;insurge Canan Atabay, une avocate de Diyarbakir. <em>Prononcer de telles sentences pour des jets de pierres ressemble à une vaste comédie alors que l&#8217;avenir de ces enfants est en jeu. C&#8217;est l&#8217;arsenal législatif qu&#8217;il faut revoir de fond en comble</em>.» L&#8217;un de ses vingt-deux clients mineurs, âgé de 16 ans, est accusé d&#8217;avoir lancé des cocktails Molotov. Il encourt jusqu&#8217;à 44 ans de prison.</p>
<p><strong>«Ils sont tous en prison»</strong></p>
<p>Le Parlement est censé s&#8217;attaquer à la situation des «enfants terroristes» depuis novembre. Mais le projet de loi n&#8217;a toujours pas été inscrit à l&#8217;ordre du jour. Victime de l&#8217;enlisement de cette «ouverture démocratique» que le gouvernement islamo-conservateur avait promis afin de répondre aux revendications des 12 millions de Kurdes de Turquie. Même si les mesures prévues sont votées, «il sera toujours possible de condamner à une peine supérieure à dix ans» et l&#8217;option de la prison restera la norme, selon l&#8217;Association des droits de l&#8217;homme de Diyarbakir. «<em>Ces jeunes en prison sont les enfants des Kurdes qui ont été tués ou torturés par l&#8217;État turc, dont les villages ont été rasés, </em>estime Arif Akkaya, porte-parole d&#8217;un collectif de familles, en faisant référence au conflit qui a fait plus de 45 000 morts depuis 1984.<em> Une telle expérience ne peut conduire qu&#8217;à leur radicalisation</em>.»</p>
<p>Mehmet, 17 ans, fait partie de la génération de l&#8217;«Intifada kurde», comme les médias l&#8217;ont surnommée. Remis en liberté provisoire en novembre dernier, l&#8217;adolescent avait été arrêté en mars 2008 alors qu&#8217;il manifestait pour dénoncer les opérations de l&#8217;armée turque contre les bases arrière du PKK en Irak. «<em>Je risque vingt-cinq ans pour des cocktails Molotov, mais dans mon dossier, il n&#8217;y a qu&#8217;une photo de moi les bras croisés</em>», assure-t-il.</p>
<p>D&#8217;une voix tranquille, qui n&#8217;a pas encore fini sa mue, le jeune garçon raconte qu&#8217;il a eu le temps de réfléchir derrière les barreaux : «<em>La seule explication que j&#8217;ai trouvée à ce qui m&#8217;arrive c&#8217;est que je suis kurde. Mon rêve est désormais de rejoindre l&#8217;organisation dans la montagne et de me battre pour mon peuple</em>.» Et l&#8217;engagement politique ? «<em>Regardez le résultat, ils sont tous en prison</em>», rétorque-t-il. Depuis l&#8217;interdiction en décembre par la Cour constitutionnelle du parti pro kurde, qui était accusé de liens avec le PKK, une centaine de ses membres a été arrêtée. Plusieurs dizaines, dont huit maires, sont toujours détenues.</p>
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		<title>Le crime de Kahta attire à nouveau l’attention sur les violences subies par les femmes.</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 09:22:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Article de Jean Marcou, publié sur le blog OVIPOT le 09 février 2010. 
L’assassinat d’une jeune Kurde de 16 ans par des membres de sa famille, a relancé, en Turquie, au cours du week-end dernier, les débats sur la persistance des &#8220;crimes d’honneur&#8221; et des violences faites aux femmes. Le corps de Medine Memi a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Article de Jean Marcou, publié sur le <a href="http://ovipot.blogspot.com/2010/02/le-crime-de-kahta-attire-nouveau.html" target="_blank">blog OVIPOT</a> le 09 février 2010. </strong></p>
<p>L’assassinat d’une jeune Kurde de 16 ans par des membres de sa famille, a relancé, en Turquie, au cours du week-end dernier, les débats sur la persistance des &#8220;crimes d’honneur&#8221; et des violences faites aux femmes. Le corps de Medine Memi a été récemment retrouvé, ligoté en position assise, au fond d’une fosse recouverte par une chape de béton, dans un jardin attenant à la maison de sa famille, qui réside à Kahta, une petite ville située dans la province d’Adıyaman, au pied du Nemrut Dağı. L’autopsie de la jeune fille, qui avait «disparu» depuis 40 jours selon ses proches, a révélé qu’elle était encore vivante lorsqu’elle a été enterrée, probablement par son père et son grand-père, qui lui reprochaient de trop sortir et d’avoir des conversations téléphoniques avec des hommes. Mais l’enquête indique également que Medine serait allée se plaindre, à quatre reprises, aux autorités locales, des coups et mauvais traitements, dont elle et les femmes de son entourage étaient régulièrement victimes. Ce constat amène les associations féministes et certains médias à pointer du doigt, une fois de plus, l’inaction coupable de l’Etat à l’égard de pratiques qui demeurent courantes, en dépit des législations adoptées et des programmes lancés dans le sillage de la candidature d’Ankara à l’UE.</p>
<p>Les violences faites aux femmes en Turquie sont multiples : mariages forcés, mariages religieux (sans passage devant l’officier d’état civil, ce qui permet de contourner l’interdiction de la polygamie), violences conjugales, répudiations, meurtres déguisés en suicides, «crimes d’honneur» (480 femmes assassinées entre 2000 et 2005). Elles sont particulièrement fréquentes dans les provinces kurdes du sud-est anatolien, mais aussi, dans l’ouest du pays, au cœur des grandes métropoles, et dans les communautés immigrées en Europe occidentale. La famille de Medine Memi appartient, il est vrai, à une congrégation musulmane intégriste dont Kahta est réputée être le centre, mais les spécialistes s’accordent à dire que ces violences sont avant tout liées à une structure familiale patriarcale où une certaine conception de l’honneur de la communauté est érigée en valeur ultime. La passivité de l’Etat turc face à l’ampleur du problème comme les tolérances suspectes des appareils policier judiciaire dans les affaires de violences familiales (alors qu’ils se montrent d’ordinaire beaucoup plus répressifs sur d’autres terrains) conduisent les travailleurs sociaux et les ONG à demander régulièrement des comptes aux institutions publiques et à la classe politique dans son ensemble. Plusieurs commentateurs s’étonnaient, lundi, qu’aucun ténor politique n’ait éprouvé le besoin de réagir à l’assassinat particulièrement odieux de Medine Memi, craignant que l’on veuille en l’occurrence éviter de troubler un consensus social qui ferme les yeux sur ces violences, voire qui les approuve purement et simplement. La dépêche de l’AFP, relatant le «crime d’honneur» de Kahta rappelait notamment qu’un sondage réalisé, en 2006 à Diyabakır, montrait que 37% des personnes interrogées estimaient qu’une femme adultère devait être punie de mort.</p>
<p>Le décalage demeure donc grand entre l’affichage d’une législation plutôt égalitaire, dont la Turquie peut s’enorgueillir au sein du monde musulman, et des pratiques institutionnelles et sociales, qui laisse encore libre cours à une violence insupportable, comme celle qui a frappé Medine Memi. Ce décalage est d’ailleurs régulièrement souligné par les rapports que la Commission européenne rend chaque année pour évaluer la candidature d’Ankara. Il faut rappeler que l’Union Européenne (UE) sait de quoi elle parle. En 1999, une enquête effectuée par «Eurobaromètre», à la demande de la Commission européenne, sur l’ensemble des pays membres de l’UE, avait révélé que, 20 à 50% des femmes y étaient victimes de violences conjugales, ce qui représentait alors un total de 4 millions de personnes. En Turquie, une enquête menée en 2008 par KSGM (Kadının Statüsü Genel Müdürlüğü, Direction du statut de la femme) a révélé que 39% des femmes interrogées dans 51 provinces subissaient des violences de la part de leur époux ou compagnon, mais que seulement 4% d’entre elles osaient porter plainte. L’assassinat de Medine Memi montre hélas que cette audace n’est pas sans risque.<br />
JM</p>
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		<title>DIYARBAKIR : La justice turque s’en prend aux défenseurs des Droits de l’Homme</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 12:20:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Bersiv vous présente un article d&#8217;André Métayer, publié le 05 février 2010 sur le site Amitiés kurdes de Bretagne. 
Me Muharrem ERBEY, Vice-Président national et Président de la section de Diyarbakir de l’Association des Droits de l’Homme de Turquie (IHD), a été arrêté le 24 décembre 2009 lors d’une des rafles qui a touché également [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bersiv vous présente un article d&#8217;André Métayer, publié le <a href="http://akbdrk.free.fr/spip.php?article219" target="_blank">05 février 2010 sur le site Amitiés kurdes de Bretagne.</a> </strong></p>
<p>Me Muharrem ERBEY, Vice-Président national et Président de la section de Diyarbakir de l’Association des Droits de l’Homme de Turquie (IHD), a été arrêté le 24 décembre 2009 lors d’une des rafles qui a touché également des dizaines d’élus (maires et conseillers municipaux notamment), anciens députés et de dirigeants du DTP (aujourd’hui dissout et remplacé par le BDP). Les policiers qui ont procédé à son arrestation l’ont conduit, sans l’autoriser à appeler un collègue avocat, au siège de l’association où ils ont immédiatement confisqué les disques durs de 12 ordinateurs et tous les CD, DVD, livres et documents. Me ERBEY a été exposé aux médias, tout comme les élus du DTP, les mains menottées dans la cour du Palais de justice.</p>
<p>Lors de son interrogatoire chez le Procureur, Me ERBEY a été accusé d’appartenance à une organisation illégale notamment en raison des activités suivantes :</p>
<p>1) avoir élaboré des projets et organisé des formations sur les droits des enfants, des femmes ;</p>
<p>2) avoir participé aux travaux d’élaboration d’une constitution civile et démocratique aux côtés d’organisations de la société civile ;</p>
<p>3) être le conseiller juridique du Maire de Diyarbakir M. Osman BAYDEMIR, de l’avoir défendu lors de nombreux procès intentés contre lui et de s’être rendu fréquemment à la Mairie de Diyarbakir ;</p>
<p>4) avoir accordé une interview à Roj TV (alors que depuis deux ans il accorde des interviews aux médias locaux et internationaux sans être inquiété) ;</p>
<p>5) avoir &#8220;ridiculisé&#8221; l’Etat turc lors de ses interventions aux parlements suédois, belge et anglais ainsi qu’au siège de Genève des Nations Unies ;</p>
<p>6) avoir &#8220;ridiculisé&#8221; les forces de l’ordre, avoir soutenu moralement &#8220;l’organisation&#8221; [1].</p>
<p>Pourquoi assurez-vous la défense de plusieurs justiciables sans être rémunéré ?<br />
lui a demandé le juge d’instruction.</p>
<p>Réponse de Me ERBEY :</p>
<p style="padding-left: 30px">de nombreuses victimes de torture, de mauvais traitements, de violations du droit à la vie et à la liberté d’opinion et d’expression s’adressent à l’IHD et, en tant que défenseur des droits humains, je donne une aide juridique gratuite aux personnes démunies ; c’est le lot quotidien des défenseurs des droits humains à travers le monde ; pourquoi une telle attitude serait qualifiée de délit à Diyarbakir ? Les défenseurs des droits humains ne font aucune distinction de sexe, d’origine, de classe sociale, d’opinion politique entre les victimes à défendre ; on peut trouver parmi elles aussi bien des parents de soldats, des épouses de policiers, des &#8220;gardiens de village&#8221; [2] que des sympathisants du PKK et des filles portant le foulard.</p>
<p>Au terme de la procédure, le juge a ordonné son incarcération au motif qu’il aurait mené toutes ces activités au nom de &#8220;l’organisation&#8221;. Me ERBEY est actuellement incarcéré à la prison de haute sécurité (type D) de Diyarbakir.</p>
<p>Le CETIM (Centre Europe-Tiers Monde), le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) la LIFPL (Ligue internationale de femmes pour la paix et la liberté) condamnent fermement, dans un communiqué, l’arrestation et l’incarcération de Me Muharrem ERBEY et exhortent les autorités turques à le libérer immédiatement</p>
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		<title>Hevalno &#8211; Ferec</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:42:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

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		<title>Pour les Kurdes, Istanbul n&#8217;est pas une capitale culturelle &#8211; Robin Welat</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:10:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anciens articles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bersiv.com/?p=3816</guid>
		<description><![CDATA[Le site Bersiv vous présente la traduction d&#8217;un article de Robin Welat, publié le 22 janvier 2010 sur le site Kurdistan Post. 
Istanbul a été désigné comme la capitale européenne de la culture pour l&#8217;année 2010 et des festivités étaient organisées, il y a quelques jours, à quelques endroits de la capitale. Les membres du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le site Bersiv vous présente la traduction d&#8217;un article de Robin Welat, publié le <a href="http://www.kurdistan-post.com/modules.php?name=News&amp;file=article&amp;sid=34514" target="_blank">22 janvier 2010</a> sur le site Kurdistan Post. </strong></p>
<p>Istanbul a été désigné comme la capitale européenne de la culture pour l&#8217;année 2010 et des festivités étaient organisées, il y a quelques jours, à quelques endroits de la capitale. Les membres du gouvernement ont, dans l&#8217;ensemble, pris part aux célébrations et, au cours de son allocution, le Premier ministre Erdoğan a déclaré qu&#8217;Istanbul était &#8220;une ville de la Liberté&#8221;. &#8220;<em>Istanbul c&#8217;est un peu de Sarajevo, un peu de Jérusalem, un peu de Paris, un peu de Viennes, un peu de Madrid, un peu de Bagdad, un peu de Damas, un peu d&#8217;Amman.&#8221;</em> a-t-il déclaré.</p>
<p>L&#8217;inauguration d&#8217;Istanbul comme la capitale européenne de la culture sonne un peu comme ces réunions des alliances occidentales&#8230; une tromperie! Istanbul, la capitale européenne de la culture, est une &#8220;ville de la Liberté&#8221; pour le Premier ministre Erdoğan mais, de cette liberté, les Kurdes ne peuvent s&#8217;en prévaloir.</p>
<p>Istanbul est considéré comme la capitale culturelle mais, on ne sait pourquoi, la culture de ces millions de Kurdes est sous pression. La seule institution culturelle des Kurdes - le MKM- et ses artistes sont systématiquement sous oppression.</p>
<p>Pour le Premier ministre Erdoğan, Istanbul la capitale culturelle peut être &#8220;<em>un peu de Sarajevo, un peu de Jérusalem, un peu de Paris, un peu de Viennes, un peu de Madrid, un peu de Bagdad, un peu de Damas, un peu d&#8217;Amman&#8221;</em> mais, allez savoir pourquoi, elle ne peut être un peu d&#8217;Amed et de Mardin quand bien même la capitale auraient bénéficier de leur vie et leur labeur.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, les Kurdes se font lyncher pour avoir parler en kurde, pour avoir écouter de la musique kurde ou pour avoir une sonnerie en kurde.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, l&#8217;écrivain Hrant Dink qui défendait la culture et la langue arménienne a été assassiné avec la connaissance, la négligence et l&#8217;appui des services de renseignement et de la sécurité de l&#8217;Etat.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, la police s&#8217;est opposée violemment aux manifestants le 1er Mai, a lancé des bombes lacrymogènes dans les hopitaux et les locaux des représentations syndicales.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, comme si les attaques de la police et les gardes à vue ne suffisaient pas, les ouvriers de Tekel [NDLR: ancien monopole turc des tabacs et alcools] se font attaqués par une meute de fascistes.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, les transexuels sont violés, sont assassinés par pure plaisir et leurs assassinats s&#8217;ajoutent aux affaires non élucidées.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, les individus se font tués pour ne pas s&#8217;être arrêtés à un Stop.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, en raison du manque d&#8217;infrastructures, les moyens de transports, emportés par des torrents, deviennent des cimetières pour les femmes qui partent au travail.</p>
<p>A Istanbul, capitale culturelle, toutes sortes de choses qui éloignent Istanbul d&#8217;une capitale culturelle surviennent.</p>
<p>Istanbul ne peut être la capitale européenne de la culture, elle ne doit pas l&#8217;être parce qu&#8217;elle ne le mérite pas.</p>
<p>Istanbul, si elle doit être une capitale, est celle d&#8217;une seule nation, d&#8217;une seule langue, d&#8217;une seule religion, elle ne peut être que la capitale du fascisme d&#8217;un Etat unitaire turco-islamiste.</p>
<p>Pour les Kurdes, Istanbul c&#8217;est la torture, c&#8217;est l&#8217;impossibilité de s&#8217;exprimer, c&#8217;est effectuer les travaux les plus lourds à un prix très faible, c&#8217;est se faire rejeter, c&#8217;est se faire lyncher.</p>
<p>Par ces paroles pompeuses concernant Istanbul, l&#8217;Etat ne peut tromper que les seuls touristes qui disent &#8220;<em>şiş kebab, çok güsel</em>&#8221; [NDLR: le chiche kebab, c'est bon] ou les racistes qui ont grandit avec des histoires de conquête. Les Kurdes ont le ventre plein de ces <em>şiş kebab, çok güsel.</em> Les Kurdes veulent participer à la vie citadine en exerçant librement leur culture dans une Istanbul capitale européenne de la culture. Et avec des déclarations épurées de ces propos qui tendent à se payer la tête des Kurdes.</p>
<p>Au cours des activités, le président du comité en charge de préparer Istanbul à devenir la Capitale européenne de la Culture en 2010, Şekip Avdagiç, a déclaré qu&#8217; &#8221;<em>Istanbul est la clef de la paix dans le monde</em>&#8220;. Il doit certainement ignoré que cette clef a ouvert les blessures dans l&#8217;âme et le corps des Kurdes à Istanbul, Izmir et dans de nombreuses villes du Kurdistan.</p>
<p style="text-align: right">Traduction faite par Berçem Adar pour Bersiv.</p>
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		<title>Un documentaire sur le nationalisme turc en Belgique et en Turquie: Ezber Bozma</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 10:19:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Octobre 2007, une bande d’adolescents affolent, quelques heures durant, les communes de Schaerbeek et Saint-Josse en scandant des slogans nationalistes turcs. Cette émeute &#8220;spontanée&#8221; aux relents xénophobes fera de nombreux dégâts chez les commerçants Kurdes et Arméniens du quartier.
Pour mieux comprendre comment le nationalisme turc s’est implanté à Bruxelles, Benoît Feyt, reporter de TeleBruxelles, est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Octobre 2007, une bande d’adolescents affolent, quelques heures durant, les communes de Schaerbeek et Saint-Josse en scandant des slogans nationalistes turcs. Cette émeute &#8220;spontanée&#8221; aux relents xénophobes fera de nombreux dégâts chez les commerçants Kurdes et Arméniens du quartier.</p>
<p>Pour mieux comprendre comment le nationalisme turc s’est implanté à Bruxelles, Benoît Feyt, reporter de <a href="http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/8935/28" target="_blank">TeleBruxelles,</a> est remonté à la source de cette idéologie, partant de la place Madou pour rejoindre les rives du Bosphore et les plaines de l&#8217;Anatolie centrale.</p>
<p>Un voyage éclairant qui évoque le rôle de l’armée, des médias et des partis politiques, mais qui donne aussi la parole à ces contestataires, de plus en plus nombreux, qui désirent briser le dogme nationaliste. Un courant de pensée que l’intellectuel stambouliote, Ahmet Insel, appelle Ezber Bozma.</p>
<p>Dans le film se trouvent également les interviews avec Mehmet Köksal, Dogan Özgüden, Emir Kir, Ugur Caliskan, Mehmet Saygin en Belgique et Ragip Zarakolu, Sanar Yurdatapan, Ayhan Kaya, Özgen Acar et Onur Öymen en Turquie.</p>
<p><em>EZBER BOZMA</em>, un film réalisé par Benoît Feyt. Durée : 51minutes.</p>
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		<title>CEDH: La Turquie doit supprimer la case &#8220;religion&#8221; sur ses cartes d&#8217;identité</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 08:57:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bercem Adar</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Cour européenne des droits de l&#8217;Homme a demandé mardi à la Turquie de supprimer la case &#8220;religion&#8221; des cartes d&#8217;identité nationales, car cette mention est contraire à la liberté de religion qui comporte celle de manifester ou non ses croyances.
&#8220;Le simple fait d&#8217;être porteur d&#8217;une carte d&#8217;identité comportant une case +religion+ (même) laissée vide [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Cour européenne des droits de l&#8217;Homme a demandé mardi à la Turquie de supprimer la case &#8220;religion&#8221; des cartes d&#8217;identité nationales, car cette mention est contraire à la liberté de religion qui comporte celle de manifester ou non ses croyances.</p>
<p>&#8220;Le simple fait d&#8217;être porteur d&#8217;une carte d&#8217;identité comportant une case +religion+ (même) laissée vide revient pour l&#8217;intéressé à divulguer contre son gré une information relative à un aspect de sa religion ou de ses convictions profondes&#8221;, juge la Cour européenne dans un arrêt rendu mardi à Strasbourg.</p>
<p>La suppression de cette case sur toutes les cartes d&#8217;identité turques constituerait une &#8220;réparation appropriée&#8221; de la violation de ses droits subie par un habitant d&#8217;Izmir (ouest), Sinan Isik, à qui les juges européens ont donné raison contre la Turquie.</p>
<p>M. Isik, de confession alévie, n&#8217;avait pas été autorisé à remplacer la mention &#8220;islam&#8221; par la mention &#8220;alévie&#8221; sur sa carte d&#8217;identité. Cette confession influencée par le soufisme et des croyances préislamiques est considérée par certains comme une branche de l&#8217;islam, par d&#8217;autres comme une religion à part.</p>
<p>Il s&#8217;était ensuite plaint d&#8217;avoir été obligé de révéler ses croyances en raison de la mention de la religion sur sa carte d&#8217;identité, obligatoire jusqu&#8217;en 2006.</p>
<p>La Turquie s&#8217;est défendue devant la Cour en soulignant que depuis 2006, tout citoyen turc a la possibilité de modifier l&#8217;inscription figurant dans la case religion, ou même de la laisser vide.</p>
<p>Mais la Cour européenne a considéré dans son arrêt que l&#8217;atteinte aux droits de l&#8217;Homme dont M. Isik a été la victime provient de la mention même &#8211; qu&#8217;elle soit obligatoire ou facultative &#8211; de la religion sur la carte d&#8217;identité, et non du refus de la mention &#8220;alévi&#8221;.</p>
<p>En outre, au moment où le requérant a essayé d&#8217;obtenir une rectification de la mention de sa religion, l&#8217;Etat a été conduit à donner une appréciation sur cette confession, ce qui n&#8217;est &#8220;pas conforme au devoir de neutralité et d&#8217;impartialité de l&#8217;Etat&#8221;, selon la Cour. (AFP, 2 fév 2010)</p>
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