Des affrontements ont éclaté samedi 12 décembre dans le sud-est de la Turquie, au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre le principal parti pro-kurde du pays, accusé d’être lié aux séparatistes armés du PKK.
En signe de protestation, les députés de ce Parti de la société démocratique (PSD) ont annoncé qu’ils ne siégeront plus au Parlement. A Hakkari, dans le Sud-Est où la minorité kurde est très représentée, des centaines de personnes ont lancé des pierres et des cocktails molotov sur les policiers et érigé des barricades, rapporte le site internet du quotidien Hurriyet. Les policiers ont riposté en aspergeant les manifestants d’eau et de gaz lacrymogènes. Des incidents ont également été signalés à Van ainsi que des manifestations à Diyarbakir, la plus grande ville de la région, où les tensions restaient vives.
INCERTITUDE
La décision de la Cour constitutionnelle plonge le pays dans l’incertitude politique. Elle menace d’une part les efforts engagés par le premier ministre Tayyip Erdogan, pour se concilier la minorité kurde après des décennies d’un conflit qui a fait plus de 40 000 morts. Une politique, menée dans la perspective d’une adhésion à l’UE, qui a suscité les réticences de l’establishment conservateur, y compris du système judiciaire, pour qui les aspirations des Kurdes à une plus grande autonomie menacent pour l’Etat laïque hérité de Mustafa Kemal. D’autre part, une démission des 21 députés du PSD entraînerait des élections partielles dangereuses pour l’AKP d’Erdogan.
Les partis kurdes interdits en Turquie dans le passé se sont toujours reformés sous de nouveaux noms. Mais la présidence suédoise de l’UE comme le département d’Etat américain ont exprimé leur préoccupation.
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