Le groupe pour la paix et pour une solution démocratique constitué en Europe a tenu le mardi 27 octobre 2009 une conférence de presse au Centre International de la Presse à Bruxelles.
Au nom du groupe, Ismet Kem a fait la lecture du communiqué suivant:
Afin de surmonter l’impasse dans laquelle se trouve le processus de démocratisation entamé en Turquie pour l’instauration de la paix et la résolution de la question kurde, nous, le groupe pour la paix, avons décidé, à l’appel du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan, d’aller en Turquie et d’apporter notre modeste contribution à ce processus.
Notre délégation est composée de 15 personnes: Arif DIRIK, Ayten KAPLAN, Baki ULUDAG, Halime GOKCEN,Hasan AKBABA, Hikmet CETIN, Hikmet KARAHAN, Ismet KEM, M.CEVAT Akin, Mahmut EROL, M.Sait YILDIRIM, Muazzez KAYA, Ummuhan SURMELI, Veli TEKIN, Vesile YUKSEL.
La Turquie traverse actuellement une phase très critique. Profitant de la conjoncture favorable engendrée par les élections municipales du 29 mars, Abdullah Öcalan a élaboré une feuille de route dans l’objectif de faire avancer le processus de démocratisation de la Turquie et de résolution de la question kurde. Cependant, le gouvernement turc a par tous les moyens empêché que la population prenne connaissance du contenu de ce document. Malgré ces entraves arbitraires, le leader kurde a lancé un appel pour l’envoi de groupes de paix en Turquie, dans l’objectif d’engendrer une nouvelle occasion historique de débloquer le processus politique et de résoudre le conflit. Répondant immédiatement à cet appel, le mouvement de libération soutenu par la population kurde a envoyé en Turquie un groupe de 34 personnes venant de Qandil et du camp de Makhmour au sud du Kurdistan. Ce ‘’groupe pour la paix et pour une solution démocratique’’ est entré en Turquie le 19 octobre 2009.
Il a été accueilli par la population kurde et par tous les partisans d’une résolution démocratique avec beaucoup de joie et d’enthousiasme.
Nous, Kurdes réfugiés en Europe, avons également répondu à cet appel et constitué un groupe dont le départ en Turquie était prévu le 28 octobre. Afin d’obtenir les documents de voyage nécessaires, nous avons contacté les autorités consulaires turques.
Cependant, l’Etat et le gouvernement turcs, le Premier ministre en particulier, ont réagi de manière très négative à l’enthousiasme avec lequel le premier groupe a été accueilli par la population kurde. De même, les dirigeant turcs ont fait savoir qu’ils s’opposaient à la venue de notre groupe en Turquie. Les autorités consulaires ont ainsi refusé de nous délivrer les documents de voyage nécessaires. Par conséquent, nous avons été contraints de reporter sine die notre départ en Turquie.
Nous sommes convaincus que le processus de paix et de démocratisation peut avancer si les différentes parties agissent avec suffisamment de sérieux, de responsabilité et de courage. Les parties intéressées doivent pour cela faire beaucoup d’efforts, quitte à faire des concessions importantes. Cependant, alors que par l’envoi de groupes de paix, le peuple kurde et son mouvement de libération démontrent une fois de plus leur détermination et leur sincérité dans la recherche d’une solution démocratique et pacifique, l’Etat turc adopte une attitude qui ne peut que bloquer ce processus. Malgré toute la bonne foi, la confiance et la détermination que nous avons placée dans cette recherche d’une solution démocratique, l’Etat turc, le gouvernement AKP en particulier, a tenté par tous les moyens de saboter le processus. Face à la position déterminée du peuple kurde et de son mouvement en faveur de la paix et de la résolution du conflit, le gouvernement a reculé et encouragé ainsi les partis turcs comme le CHP et le MHP qui sont partisans de l’impasse politique. Compte tenu de ce contexte, nous avons été contraints de reporter notre départ en Turquie.
Mais nous sommes déterminés à répondre le plus rapidement possible aux espoirs de paix et de liberté de notre peuple. Nous sommes prêts à tout pour débloquer le processus et contribuer à une résolution du conflit. Dans les jours à venir, nous considérerons à nouveau la position politique et juridique du gouvernement turc et prendrons une nouvelle décision.
Cependant, malgré toute notre bonne volonté, nos espoirs et notre détermination, nous ne pouvons pas aboutir à une solution de façon unilatérale. Par conséquent, nous appelons les autorités turques, le gouvernement en particulier, à agir de manière responsable et courageuse et leur demandons de faciliter le départ de notre groupe en Turquie. Il est clair que le CHP, le MHP et l’organisation Ergenekon tentent par tous les moyens d’entraver et de saboter le processus de paix. Au lieu de reculer sous l’influence de cette mentalité archaique obnubilée par la guerre et le sang, le gouvernement AKP devrait adopter une attitude plus responsable et agir avec plus d’indépendance et de détermination. Les cris du peuple kurde en faveur de la paix et sa recherche d’une solution doivent être considérés comme la plus grande marque de soutien et l’expression de leur sentiment de fraternité.
Nous appelons par ailleurs les médias, les intellectuels, les artistes, les partis politiques et les ONG à soutenir nos efforts pour la paix.
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