Environ 100.000 personnes ont accueilli en héros à Diyarbakir (sud-est de la Turquie) les guérillas kurdes revenus d’Irak dans un geste de soutien à une résolution du conflit kurde, tandis que le gouvernement d’Ankara était sous le feu des critiques pour sa gestion de cette affaire.
Sous un feu d’artifice, les huit militants du PKK qui sont arrivés lundi en territoire turc de leur base dans la montagne irakienne, ont salué la foule dans la principale ville du sud-est, peuplé majoritairement de Kurdes, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les manifestants brandissaient les enseignes du PKK et des posters de son chef emprisonné à vie en Turquie, Abdullah Öcalan. “Vive la paix”, chantaient-ils, dansant aux mélodies des chansons folkloriques.
“Combattants du peuple libre, bienvenue dans votre capitale”, pouvait-on lire sur une banderole.
Mehmet Serif Gençdag, l’un des rebelles rentrés d’Irak, en uniforme gris-vert et pantalon bouffant, est intervenu devant la foule, indiquant qu’ils n’étaient pas revenus pour demander pardon. Il a affirmé que leur retour avait été planifié par Öcalan, exhortant le gouvernement à “bien saisir” leur geste de paix.
D’autres groupes, notamment d’Europe, sont attendus en Turquie dans les prochains jours, selon les autorités turques.
Le gouvernement turc critiqué par les nationalistes:
Le gouvernement turc a fait l’objet mercredi de vives critiques de l’opposition et des milieux nationalistes après la décision prise la veille de maintenir en liberté un groupe de rebelles kurdes revenus d’Irak en Turquie dans un geste de soutien aux efforts de paix dans le conflit kurde.
Le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP) s’est indigné de “l’amnistie de fait” offerte selon lui aux huit rebelles en provenance de bases du PKK dans le nord de l’Irak qui se sont présentés lundi au poste frontière de Habur, dans le sud-est de la Turquie.
“Il s’agit d’une amnistie politique de fait, mise en oeuvre via l’institution judiciaire”, a affirmé le député Isa Gök.
“Les politiciens qui ont préparé le terrain à cette initiative commettent une trahison (…) La nation les en tiendra pour responsables“, a pour sa part déclaré Hamit Köse, président d’une association de familles de soldats tués par le PKK.
Balayant les critiques, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s’est réjoui mercredi de l’arrivée des rebelles et a dit espérer que “beaucoup plus vont venir”.
“Nous allons insister sur ce processus (…) et j’ai l’espoir que nous allons le mener à son terme“, a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse Anatolie.
“Nous avons fait ce que nous avions à faire“, a pour sa part affirmé Murat Karayilan, un des principaux dirigeants du PKK, cité par l’agence Firat News. “Nous allons voir à présent ce que va faire le gouvernement (…) Avant tout, les opérations (militaires) doivent cesser et un dialogue doit commencer.” (AFP, 21 oct 2009)
Related posts:

