D’après une information de l’agence de presse DIHA, la direction de la chaîne TRT 6 rencontrerait quelques difficultés pour se trouver un public et proposerait de payer les femmes kurdes en contrepartie de leur présence sur les plateaux télés. La difficulté se poserait essentiellement pour le show télévisé “Rojiname”, animé le matin par la chanteuse kurde Rojîn.
Mme Seve Demir, mère kurde qui habite le quartier Zeytinburnu à Istanbul, a ainsi été contacté par une de ces connaissances qui sert d’intermédiaire à la chaîne pour assister au show matinal de Rojîn en contrepartie de la modique somme de 350 TL. “Ils m’ont dit que je serais accompagnée chaque matin par leurs services et que je perceverais 350TL par mois. Ils m’ont également demandé d’amener, si possible, 20 personnes avec moi. Je leur ai dit que je chercherais et que je leur donnerais de mes nouvelles. Seulement, j’ai téléphoné à la chaîne pour leur dire que je ne participerais pas” a déclaré Mme Seve Demir.
“Si le parti au pouvoir est sincère, qu’il mette un terme aux opérations militaires”
” Mes deux fils sont en prison et je vis dans des conditions difficiles. Mon proche qui sert d’intérmédiaire à la chaîne m’a dit que je pourrais gagner de l’argent en participant aux émissions. Ils sont revenus l’autre jour pour me demander la raison de mon refus. Je leur ai dit que cette chaîne n’était pas dans l’intérêt des Kurdes, que l’AKP faisait quelques investissements en vue des prochaines élections municipales. Si le parti au pouvoir est sincère, qu’il mette un terme aux opérations militaires. Tant que les opérations militaires n’ont pas été mises à leur terme, vous pourriez me donner ce que vous voulez que je ne participerais toujours pas à cette chaîne leur ais-je dit” a expliqué Mme Seve Demir à l’agence de presse DIHA.
“Mon fils a perdu la vie pour défendre sa langue et son identité”
Expliquant que l’un de ces fils avait décidé de rejoindre le PKK pour défendre sa langue, sa culture, son identité et qu’il y avait perdu la vie, Mme Demir a déclaré: “J’ai payé le prix pour ma langue et mon identité. Je n’irais pas vendre mon honneur, ma dignité pour quelques sous. Je n’aurais pas la conscience tranquille”. Selon Seve Demir, tant que les opérations militaires perdureront et que le kurde ne sera pas autorisé dans les établissements scolaires, l’existence de la chaîne TRT 6 n’aura que très peu de sens et d’intérêt. “Nous ne voulons pas de chaîne comme celle de TRT. S”ils parlent de justice, alors qu’ils se demandent ce que les Kurdes veulent” a-t-elle également ajouté.
“Si Rojîn a un honneur, qu’elle cesse de travailler à TRT 6″
Rappelant qu’il était toujours interdit de parler le kurde dans les prisons et qu’il était encore impossible d’attribuer des prénoms kurdes, Mme Seve Demir a martelé qu’elle ne regarderait pas la chaîne tant que ces interdits ne seront pas supprimés. “Tant que ces interdits ne seront pas relevés, je ne regarderais pas cette chaîne. En distribuant des pâtes, du charbon, des ampoules aux Kurdes, l’AKP nous considère comme des mendiants. Il nous place dans la mendicité. Les Kurdes ne doivent pas tomber dans le panneau. Et je ne comprends pas comment Rojîn a pu accepter de travailler pour la chaîne alors même que le kurde est toujours interdit. Si Rôjîn avait un peu d’honneur, elle abanderonnait l’idée de travailler pour TRT 6″.
Source: agence de presse DIHA
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